26 mars 2015

L'Innovation Frugale par Navi RADJOU : Comment faire mieux avec moins !

La Faculté des sciences économiques et de gestion de  Strasbourg,  accueillait le 23 mars dernier, Navi Radjou, conseiller spécialisé dans l’innovation et le leadership, co-auteur de "L’innovation Jugaad : redevenons ingénieux" et de "L’innovation frugale : comment faire mieux avec moins", parus aux   Editions Diateino.

QUELQUES EXTRAITS DE LA CONFÉRENCE 

Navi RADJOU 
"Merci de m’accueillir  pour cette conférence sur l'innovation frugale et de lancement à Strasbourg de mon dernier livre "L’innovation frugale  -  Comment faire mieux avec moins."
Le sous-titre "Comment faire mieux avec moins" peut paraître comme  un oxymore ... 
Mais pour comprendre cela, il faut remonter aux origines de ce concept  qu’on appelle  aujourd’hui innovation frugale et ainsi renouer avec mes propres origines. "...
"J’ai grandi à Pondichéry et enfant je mes souviens que l’eau était rationnée à Pondichéry et qu'on prenait des douches quelque fois,  rares en semaine,  avec des seaux d’eau. 
Donc la première leçon que j’ai appris, c’était bien comment faire plus avec moins, par nécessité quelque part. Et au-delà  une autre chose qui m’est revenue c’est le fait qu’on arrive toujours à transformer des déchets en quelque chose d’utile… mais également d’allonger la durée de vie des produits disponibles,  tous les jours."...

"Après avoir passé 20 années dans le Sud et fait face à la rareté des ressources, je suis parti pour le Nord, attiré par la promesse de l’abondance. J’ai fait des études d’informatique en France avant d’aller  m’établir aux États Unis dans la côte Ouest et pendant 20 ans j’ai été consultant auprès d’entreprises occidentales que j’aidais à devenir plus innovantes. Et c’est vrai qu’’en occident on associe souvent le Progrès et l’innovation au « Plus ». Donc on a tendance à créer des produits qui sont de plus  sophistiqués sur le plan technologique…

Mais on sait aujourd’hui que les ressources se raréfient  en particulier les ressources naturelles qui sont nécessaires. Donc soutenir  au niveau mondial le « toujours plus », n’est aujourd’hui plus tenable, notamment au niveau des ressources naturelles...

Donc il y a 10 ans, j’ai commencé à me poser la question de savoir s’il ne fallait pas en fait réinventer la façon même d’innover de créer de la valeur en occident.
Au lieu de chercher à faire « plus  avec plus », il ne pas faut  chercher à faire « plus avec moins ».
Et je me suis dit qu’en s'appuyant sur mon expérience personnelle, je pouvais  peut être proposer ce modèle d’innovation qui s’appuie sur une utilisation des ressources plus efficace, un modèle déjà conçu , parce que faire ou vivre avec moins est déjà le mode de vie normal des habitants du Sud…

Donc je reviens à mes racines et je commence à étudier comment  les entrepreneurs les pays émergeant (en Inde, en Chine et  en Afrique, en  Amérique du Sud ) arrivent en fait à créer plus de valeur économique et sociale malgré d’énormes contraintes par rapports aux pays d’occidentaux, que ce soit en matière d’infrastructure, de capital, d’énergie et d’eau… et là je trouve une chose intéressante, c’est que les entrepreneurs , malgré des contraintes  fortes,  sont capables de transcender l’adversité et d’innover de façon tout à fait ingénieuse…


 Par exemple, Mansukh Prajapati, potier de son état en inde a inventé un réfrigérateur en argile; 100% biodégradable, fonctionnant sans électricité,  ne produisant aucun rejet toxique ou déchet durant son fonctionnement et pouvant conserver les produits laitiers, les fruits et légumes  au frais pendant 5 jours. Le  Mitti Cool Refrigerator  (mitti = terre en hindi) utilise l’évaporation naturelle de l’eau pour fonctionner,
L’eau provenant de l’évaporation coule sur le côté de l’appareil pour évacuer la chaleur. Une zone au dessus du frigo récupère l’eau pour la stocker, ce qui permet de la récupérer via un petit robinet et d’avoir de l’eau potable facilement. Un don du ciel pour les les habitants des villages de l'inde  qui ne disposent  pas d'électricité...


Un autre exemple vient du Pérou…
C'est un ingénieur français à Lima qui a inventé un panneau publicitaire qui utilise la surface de panneau publicitaire pour capturer l'humidité de l'air,  la condenser et la purifier pour  ainsi produire plus de 80 litres d'eau potable par jour...
C'est vraiment prendre quelque chose qui n'a pas de valeur et le convertir en quelque chose d'utile et qui correspond à un besoin quotidien et vital...
Et là, ce qu'on constate c'est qu'il a de plus en plus d'entrepreneurs et de sociétés qui se sont inspirés dans les pays émergents, de cette approche d'innovation frugale pour vraiment créer des valeurs économiques à moindre coût, dans des secteurs comme l'énergie, la santé, l'éducation ou autres...

Au sud de l’Inde à Bengalore le chirurgien Devi Shetty qui était le cardiologue de Mère Thérésa a fondé Narayana Hrudayalaya, une clinique “low cost” qui ne facture que 1400 euros pour une opération  de chirurgie cardiaque, alors que cela coûte  en comparaison,  de l'ordre de 50 000 dollars aux États-Unis.
Pour cela, des  bâtiments pensés autrement, des familles formées aux soins, des entretiens médicaux sur Skype, des médecins hyperspécialistes... Même les plus pauvres peuvent avoir accès aux soins parce qu'ils ont mis en place un système de microcrédit, de micro-finance.

Maintenant un exemple qui nous vient d'Afrique...
Je crois de manière viscérale que l'Afrique va devenir la laboratoire mondial de l'innovation frugale comte tenu des immenses contraintes auxquelles les populations doivent faire face.
En Afrique subsaharienne, moins d’un adulte sur quatre dispose d’un compte bancaire.
L’opérateur mobile Safaricom a conçu un système de paiement par téléphone mobile, qui permet d'envoyer et de recevoir des paiements sans utiliser de compte bancaire, un système aujourd’hui utilisé par  plus de 16 millions de kenyans...
Avec ce service de mobile banking M-PESA, un abonné, enregistré gratuitement au service, se rend auprès d’un agent agrée M-PESA avec l’argent en cash et le numéro de téléphone du destinataire. Pour une somme d’un peu plus d’un dollar, l’agent met en place son compte virtuel configuré directement sur sa carte SIM, qu’il crédite avec l’argent déposé précédemment. Ensuite, l’expéditeur n’a plus qu’à transférer ce montant par SMS à son destinataire....
Donc on fait appel à l'innovation frugale, ici on fait appel  à l'abondance de la téléphonie mobile pour surmonter ce qui est rare et qui correspond à des besoins de base de la finance ou de la santé...


Donc nous on a en tête d'identifier cette faculté à créer plus de valeur avec moins de ressources comme l'innovation frugale...
Depuis le début de la crise, on a constaté un phénomène assez intéressant, c'est que les attentes et les comportements des consommateurs en Occident sont en train de changer radicalement.
Bien sûr on peut se dire que les comportements vont rechanger une fois la croissance rétablie, Mais c'est pas très sûr qu'on va retrouver une croissance mirobolante dans les années à venir, voire les décennies à venir...
Quel que soit l'avenir cependant,  on constate qu'il s'opère une tendance irréversible où les consommateurs sont en train de devenir de plus en plus frugaux et recherchent de plus en plus de valeur.
Quand on les interroge dans les sondages, ils disent qu'ils recherchent de plus en plus de promotions, ils veulent acheter des marques distributeurs et non plus des marques très connues, donc il n'y a plus cette allégeance aux marques comme avant.
Et ce qui est intéressant, c'est que la frugalité n'est pas qu'un choix économique perçu avant tout comme des privations, c'est  un choix  peut être culturel...
Faire plus avec moins, ça devient de plus en plus une nécessité vitale, c'est que qui qui va attirer les consommateurs et créer les emplois de demain dans les entreprises.  Ce qui va être déterminant  également pour les entreprises, c'est aussi la raréfaction des ressources (le pétrole, l'eau, le bois)...

De plus la pauvreté touche également de plus en plus les pays occidentaux avec plus de 30 millions de pauvres en Enrope,  Et ce que les entreprises ne  comprennent  pas, généralement, c'est que  ces pauvres  ont aussi des aspirations... Ils veulent envoyer également  leurs enfants dans les écoles, ont besoin d'énergie pour chauffer leurs appartements... Il  y a bien  un marché potentiel de biens et services,  qui est adapté à ce marché des pauvres, et qui représente  près 220 milliards d'euros, C'est un   marché  potentiel qui n'est pas encore vu,   perçu en tant que tel par les grandes groupes qui ne sont pas encore capables de développer des solutions et des produits qui répondent à leurs besoins....

Dans l'Economie Frugale, les acteurs -clés, ce ne sont pas les entreprises, ce sont les consommateurs. Des consommateurs qui deviennent de plus en plus actifs qui sont en train d'évoluer vers ce que l'on appelle des consomm'acteurs. .
Ces consomm'acteurs sont en train de bâtir 2 piliers de l'Economie Frugale, 2 piliers pour soutenir l'Economie Frugale : cela se bâtit sur le partage et sur ce concept de faire soi-même (en anglais, le mouvement des Makers). 

Aujourd'hui, il est de plus en plus facile pour les particuliers de partager leurs ressources, leurs produits et leurs compétences sans l'aide (ou l'ingérence) d'intermédiaires.
En Allemagne, les propriétaires de maisons peuvent produire leur propre énergie solaire et revendre l'excédent au réseau
Plus impressionnant peut-être, depuis son lancement en 2008, Airbnb (une place de marché communautaire pour des locations de courte durée) a essaimé dans 190 pays avec plus de  600 000 offres. Airbnb est déjà la 5ème plus grande chaîne "hôtelière" dans le monde, en nombre de lits et elle est en passe de devenir la plus grande entreprise d'hébergement de courte durée, et c sans posséder un seul bâtiment...
La première valeur ajoutée de l'économie de partage  (menée par des fournisseurs comme Airbnb et Uber) était de permettre aux gens d"économiser de l'argent. Elle permet désormais de gagner de l'argent et de faire de ces consommateurs des consomm'acteurs.
En 2013, l"économie du partage a dégagé environ 3,5 milliards de dollars de recettes, qui ont directement atterri dans le porte-monnaie des consomm'acteurs... Avec un taux de croissance annuel de 25%, on prévoit que l'économie de partage, représentera dans dix ans un marché de 335 milliards de dollars et ceci, sans avoir besoin d'investissements majeurs...

La deuxième tendance,  c'est "moi, je commence à créer moi-même" des objet".  C'est le mouvement des Makers qui commence à décoller, C'est un mouvement de bricolage, qui est accentué, amplifié avec l'apport de la technologie 3 notamment et cela a commencé en Californie avec Maker Faire. La Maker Faire est un événement mondial et itinérant créé par le magazine américain Make. Il s'agit du plus grand mouvement au monde regroupant ateliers, présentations et conférences autour des thèmes de la créativité, de la fabrication et des cultures "Do it yourself" et "maker" Ce type de salon accueille une palette  très diversifiée d'adeptes des technologies, d'artisans, d'éducateurs, d'inventeurs, d'hobbyistes, d'ingénieurs, de clubs de science... réunis autour de cette même envie  présenter de leurs réalisations et partager  leurs inventions et leurs connaissances.. Et la France à accueilli son premier Maker Faire l'an dernier.... et désormais  chaque Maire des grandes villes maintenant veulent accueillir une  Maker Faire... C'est un peu  nouveau le modèle franco-immergé, mais également parce qu'il y a derrière des enjeux stratégiques...

Il y a un nouveau processus industriel  qui commence à s'instaurer et qui vient de la base. Les inventeurs peuvent bâtir actuellement des appareils beaucoup plus sophistiqués qu'on ne pouvait le faire auparavant notamment parce qu'ils peuvent disposer des composants de base, des briques de construction low cost   comme Arduino et Raspberry Pi
Arduino, inventé par l'ingénieur italien Massimo Banzi, est un minuscule circuit imprimé avec un microcontroleur qui permet aux amateurs et aux professionnels de fabriquer des appareils qui interagissent avec leur environnement en utilisant des capteurs et des actionneurs.. Les Plans d'Arduino sont libres d'utilisation pour quiconque veut assembler lui-même son circuit. Préassemblé ou en kit à monter soi-même, Arduino ne coûte que 20 euros et s'est déjà vend à près d'un million d'unités...
Un autre innovateur frugal, Eben Upton, a crée avec ses collègues de l'Université de Cambridge, un ordinateur minimaliste, Raspberry Pi, réduit à un seul circuit de la taille d'une carte de crédit (avec un port USB et Ethernet) auquel on peut connecter n'importe quel moniteur, souris ou clavier, pour en faire un ordinateur de bureau... Les utilisateurs de Raspberry Pi, dans le monde entier ont commencé à fabriquer toutes sortes de choses, appareils, photos numériques, consoles de jeux, systèmes d'alarme...

 Nous assistons également à une montée des bricoleurs, sociaux. les makers actuels  ne sont plus isolés et cocréent dans des  communautés en ligne, des Fab Labs ou des TechShops et c'est un vrai mouvement de fond..
Un Fablab est un atelier de fabrication numérique, équipé avec tout ce qu'il faut de machin CNC, d'outils de découpes laser, d'imprimante 3D, gratuit et ouvert à qui veut y bricoler et fabriquer "tout ou presque"... Il y à l'heure actuelle plus d e 125 Fab labs dans 34 pays
les TechShop sont une version avancée des Fab labs, ou pour 175 dollars pa mois, les utilisateurs ont accès à un équipement hautement performant pour fabriquer des produits de gabarit industriels...Il est intéressant de noter que certains produits conçus dans des TechShops commencent à révolutionner aussi les secteurs autres que l'industrie, comme les soins et les services financiers.
Ainsi Embrace, une couveuse portable à 200 dollars créée à techShop par quatre diplômés de Stanford, a déjà sauvé la vie a plus de 50 000 bébés prématurés dans le monde.

Les entreprises de tous les secteurs sur les marchés développés, vont donc bien être obligées d'adopter dès que possible une approche frugale de l'innovation. Et l changement ne sera pas facile car les entreprises doivent être disposées et capables de repenser tous leurs départements, notamment la RetD, les ventes, le marketing... de restructurer l'entreprise de redéfinir la politique de RH et de rémunération, de faire évoluer leurs modèle économiques et leurs schémas de pensée calqués sur l'habitude de "faire plus avec plus" ou moins avec moins, vers une nouvelle habitude ; celle de "faire plus avec moins" et même "mieux avec moins"...

Mais le plus important  sur la voie de la frugalité n'est cependant pas les processus, la stratégie ou la structure, mais le leadership..
L'innovation frugale est une affaire de personnes, c'est l'ingéniosité humaine qui mène l'innovation et on ne peut pas piloter l'innovation frugale dans l'entreprise comme s'il s'agissait d'une mécanique prévisible.
Les nouveaux leaders d'entreprise doivent plutôt de comporter comme des jardiniers, qui préparent et entretiennent au sein de leur entreprise, un terreau fertile à l'innovation frugale, sèment les bonnes graines de la frugalité, se retirent pour permettre à l'innovation frugale de germer, ne revenant s'occuper des jeunes pousse que lorsque c'est nécessaire, en titrant le maximum de valeur des employés avec le minimum d'efforts...


EN SAVOIR PLUS :


A PROPOS DE L'OUVRAGE

L’Innovation Frugale
Nombre de pages : 300
Prix public : 24 euros
Préface de Paul Polman (PDG d'Unilever)
 Introduction à la version française de Vianney Mulliez (PDG d'Auchan)

Paru aux éditions DIATEINO

Découvrez comment les entreprises des pays développés apprennent à travailler plus vite, mieux et moins cher.
• Un système de création de valeur, moins consommateur de ressources qui se développe en Europe, aux États-Unis et au Japon.
• Un nouvel état d’esprit et une stratégie d’innovation qui s’appuie sur cinq tendances : la consommation collaborative, l’économie circulaire, les Makers, le développement durable et le numérique.
• Plus de 50 exemples d’entreprises pionnières.
• Un plan d’action clé en main pour les managers et chefs d’entreprise.

À propos du livre :

À l’ère de la rareté des ressources, les entreprises sont à la recherche de nouvelles solutions à long terme, pour répondre aux attentes des consommateurs et des pouvoirs publics, soucieux des coûts et de l’environnement. L’innovation frugale répond à ce défi en faisant « mieux avec moins », car elle permet de développer en moins de temps des produits de grande qualité et de créer plus de valeur à moindre coût.
Avec un marché mondial de produits durables estimé à plusieurs milliards de dollars et les réductions colossales de coûts qui en découlent, l’innovation frugale change les règles du jeu et redéfinit la pensée managériale. 
De nombreux exemples d’entreprises pionnières illustrent cette stratégie révolutionnaire comme Renault, Auchan, Accor, SNCF, Aetna, American Express, Ford, General Electric, Levi Strauss, Novartis, Pearson, Tarkett, Unilever, et exposent les bénéfices qu’elles en tirent.

Ce livre précurseur décrit non seulement les principes fondamentaux de l’innovation frugale mais identifie aussi les bonnes pratiques développées dans des secteurs aussi variés que l’industrie, les services financiers, la santé et l’éducation :

Engager et itérer : observer le comportement client et adapter les produits continuellement pour répondre à l’évolution du marché.
- Booster l’agilité : utiliser des technologies et approches innovantes (comme les imprimantes 3D, la production agile) pour répondre mieux et à moindre coût aux besoins de personnalisation des clients.
Créer des solutions durables : adopter des pratiques issues de l’économie circulaire, comme l’éco-conception et l’upcycling, pour développer des produits zéro-déchet.
Façonner le comportement client : encourager les clients à adopter des comportements éco-responsables et s’adapter à leurs attentes en satisfaisant leurs besoins.
Co-créer de la valeur avec les « consom’acteurs » (ou consommateurs actifs) : utiliser l’ingéniosité collective et les talents des communautés de consommateurs comme les milléniaux, pour créer des produits ainsi que des services, et les partager (principe d’économie collaborative).
Collaborer avec des partenaires innovants : travailler avec des partenaires différents pour développer plus efficacement des produits frugaux et expérimenter de nouveaux modèles économiques de rupture. 

À propos des auteurs :

Navi Radjou : Français d’origine indienne basé dans la Silicon Valley, Navi Radjou est conseiller en innovation et leadership. Il a remporté en 2013 le prix Thinkers50 Innovation Award et a été speaker au TED global en 2014.
@NaviRadjou / Naviradjou.com
Jaideep Prabhu : Jaideep Prabhu est professeur de marketing et directeur du Centre for India & Global Business à la Judge Business School de l’université de Cambridge. Ses recherches et son expertise de consultant couvrent le marketing, l’innovation, la stratégie et le business international.
@JaideepPrabhu
Source  : Editions DIATEINO