1 mai 2014

Le Nouveau Modèle Industriel : Plus de bénéfices, plus d’emplois et moins d’impact sur l’environnement

Sorti en mars 2014,  le Rapport de Lavery/Pennell pour Interface  intitulé "Le Nouveau Modèle Industriel : Plus de bénéfices, plus d’emplois et moins d’impact sur l’environnement"  présente un modèle industriel pour libérer le potentiel à travers une approche simple, mais néanmoins cohérente (le ‘Nouveau Modèle Industriel’).
La validité et la puissance de ce nouveau modèle sont démontrées sous la forme d’une étude de cas basée sur les activités d’Interface en Europe.  Elle fournit des chiffres concrets sur les coûts et les avantages du nouveau modèle, notamment l’augmentation des bénéfices, les nouveaux emplois créés et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Ce rapport aborde  également les possibilités inexploitées que représenterait l’extension de ce nouveau modèle à des pays spécifiques, à l’ensemble de l’Europe et aux 20 plus grands fabricants européens. Enfin s'intéresse au rôle des PDG, des cadres en charge de la stratégie,du personnel et des pouvoirs publics pour encourager l’adoption de ce Nouveau Modèle Industriel.  
En voici quelques extraits  qui ont retenu, mon attention.

CE QUE L'ON PEUT RETENIR :

" Ecologie et économie ont la même origine étymologique : «oikos», la gestion de la maison, du patrimoine. Le 20ème siècle a vu une divergence marquée entre ces deux approches, une vision économique efficace à court terme et une vision écologique durable, mais peu performante. La première décennie de ce 21ème siècle nous rappelle l’urgence de faire de ces deux démarches, écologique et économique, une seule approche.
 En effet, les raisons d’agir sont nombreuses : le dérèglement climatique, l’accès de plus en plus difficile aux ressources, les nouvelles tensions géopolitiques, la crise économique ou encore la nécessité de dynamiser l’emploi et de créer du consensus sociétal sur nos territoires.
Les entreprises, comme la société civile, ont un rôle essentiel à jouer dans l’émergence de ce nouveau modèle industriel. " 

"  Il s’agit de préfigurer, de coconstruire les briques d’un système qui se développe de proche en proche, pour être adapté, s’ajuster au mieux à la diversité des contextes, et devenir naturellement et rapidement une approche largement partagée, et conçue comme telle. Cette approche ne se positionne pas en concurrence avec les approches économiques et industrielles existantes : elle les transcende et propose une perspective autour d’une utilisation optimisée des ressources, une focalisation sur la valeur ajoutée et le service rendu, dans une perspective durable, et la mise en avant des avantages compétitifs générés par cette stratégie, dans une dynamique de collaboration et deco-construction. "

"De nombreuses approches, émergées ou devenues visibles ces dernières années, s’inscrivent dans cette dynamique. On peut citer en particulier l’économie circulaire qui montre comment mettre en place, à l’échelle des entreprises et des territoires, une gestion plus durable, via l’écoconception, l’économie de fonctionnalité et enfin l’optimisation de l’utilisation des matières, via des processus de réduction à la source, de réemploi et de recyclage. De plus, l’écologie industrielle, qui sur un espace réduit, met différents acteurs économiques et territoriaux en coopération pour que les coproduits des uns deviennent les ressources des autres. Différentes visions, récemment développées dans des ouvrages perspectifs, permettent d’accélérer cette dynamique. Citons pêle-mêle, et sans chercher à être exhaustifs, la troisième révolution industrielle, l’économie symbiotique ou l’éco-économie. " 

"Ces approches regroupent de nombreux dénominateurs communs, qui sont  utant de raisons pour agir rapidement, parmi lesquels trois nous semblent essentiels :
Tout d’abord, l’augmentation des coûts de la matière et de l’énergie, qui sont autant de raisons qui poussent à réinventer les modèles industriels tant que l’énergie et la matière sont encore à des coûts relativement accessibles. 
Deux chemins sont possibles, mais changent complètement la nature de nos sociétés. Le premier permet de réaliser encore à faible coût économique la transition d’un modèle linéaire où les ratios de profitabilité baissent vers le nouveau modèle plus adapté aux évolutions futures. Le second, le plus probable si nous ne faisons rien, est tout simplement une course en avant faite de moindre valeur ajoutée, de délocalisations «compétitives» et de moins-disant écologique et social qui finissent par détourner l’entreprise de ses territoires, puis ensuite de ses marchés. On constate que les régions du monde qui ont généré les plus belles émergences économiques d’acteurs du nouveau modèle industriel, sont souvent celles où d’une part l’énergie, notamment d’origine fossile, est chère, et d’autre part qui en place une législation assez contraignante sur les déchets, et plus généralement sur l’environnement. Et que, la mise en place
de ce modèle génère non seulement un avantage compétitif local sur les régions concernées, mais également une avance significatif sur des marchés moins matures.
Ensuite, le développement d’un leadership industriel, et de relation à long terme avec les clients basée sur la durabilité : il s’agit simultanément de bien comprendre et de répondre au mieux aux exigences des utilisateurs et des clients des produits et services, mais également d’installer une dynamique de confiance autour d’un
usage durable, et de faire des clients des partenaires sur la partie de la durée de vie des produits et services qu’ils maîtrisent, et des acteurs responsables de la fin de vie. De nombreux modèles industriels, parmi lesquels on peut citer les réussites de Dyson, Interface et Patagonia, nous montrent, dans des marchés très différents mais réputés résistants au changement, à quel point ce changement est réalisable quand il est opéré avec conviction, méthode et sincérité, et qu’il est possible de modifier durablement la structure du marché sur lesquels ces entreprises opèrent.
Enfin, ces changements sont des co-constructions, qui se développent et se vivent collectivement. Ils ne proviennent ni d’une impulsion unique « top-down », ni d’une conceptualisation forte, préalable à l’action : ils sont le fruit d’initiatives sur les territoires, de concertation et d’actions collectives, de la capacité à réunir ensemble sur des projets locaux des entreprises, des collectivités locales, des citoyens et des associations autour d’objectifs communs. Cela dépend également de la capacité à fertiliser et à s’inspirer d’approches locales vécues de par la planète pour construir celle qui sera la plus adaptée à son contexte. Pour reprendre un terme cher au prospectiviste Amory Lovins, le « pouvoir latéral » est en marche."

" Le rapport du cabinet Lavery Pennell, commandé par Interface, a permis d’effectuer une étude qui nous semble opportune et essentielle pour esquisser les bénéfices économiques, écologiques et sociaux qui pourraient provenir de la généralisation ’une telle démarche. C’est un travail inspirant, qui nous pousse à aller collectivement plus encore vers l’action. Et qui montre bien que toutes les conditions sont réunies pour que chacune et chacun d’entre nous, en co-construisant sur les territoires la démarche la plus opportune en s’appropriant les différentes briques de base conceptualisés et présentées ici, puisse avancer, et mettre en avant de belles réussites, et partager collectivement ses résultat pour aider à apprendre et avancer ensemble plus vite. "
En juin 1992 à Rio, une jeune adolescente, Severn Suzuki, nous interpellait « vous êtes ce que vous faites, nous sommes ce que nous sommes en train de faire »…plus de 20 ans plus tard, nous voyons à quel point il est urgent d’agir, dans la direction d’une gestion axée sur une performance globale durable, qu’il s’agisse d’économie,d’écologie et de société. 
Nicolas IMBERT - Directeur exécutif de Green Cross France et Territoires, Membre du Conseil d’Administration de l’Institut de l’Economie Circulaire


LE NOUVEAU MODÈLE INDUSTRIEL :
Un nouveau modèle économique plus rentable et durable se dessine. 
Il comporte trois étapes qui répondent aux défis auxquels les entreprises font face aujourd’hui :
1. Améliorer l’efficacité de la gestion des ressources non liées au travail pour réduire les coûts (et les effets sur l’environnement).
2. Réinvestir les économies de l’étape 1 dans des intrants durables (par ex. énergie renouvelable, matériaux recyclés) pour améliorer la sécurité de l’approvisionnement, réduire la volatilité des prix, créer de l’emploi et diminuer les effets sur l’environnement.
3. Développer de nouveaux produits innovants et capter des parts de marché, en tirant parti des avantages concurrentiels découlant des deux premières étapes.


La logique qui sous-tend le nouveau modèle est implacable : des bénéfices accrus, davantage d’emplois et un impact réduit sur l’environnement.
Des grandes entreprises telles qu’Unilever, Body Shop, Patagonia, Ecover et Interface ont reconnu la puissance du nouveau modèle et tirent des avantages de sa mise en oeuvre.
Interface, le leader mondial de dalles de moquette, constitue un exemple patent des avantages offerts.
Dans ses unités de production européennes, Interface a réduit la consommation d’énergie de 40% et l’utilisation de fibre de 12% par unité de production depuis 1996, est passé à 100 % d’énergie renouvelable sur son site de Scherpenzeel et a remplacé 43 % de ses matières premières par d’autres matières biosourcées ou recyclées. Ainsi, Interface a réduit ses coûts de 7,6 millions EUR par an (économie annuelle actuelle) en plus de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout au long du cycle de vie de 35 500 tonnes équivalent CO2 par an (économie annuelle actuelle), de créer des emplois qualifiés locaux et de maintenir sa position de leader mondial de la fabrication de dalles de moquette dans un secteur hautement concurrentiel.

Le potentiel estimé du Nouveau Modèle Industriel pour l’ensemble du secteur industriel en Europe est le suivant :
• Amélioration du bénéfice avant impôts de 100 milliards EUR par an provenant d’une utilisation rationnelle des matières, de l’efficacité énergétique et de l’énergie renouvelable ; avec des dépenses d’investissement en capital de 66 milliards EUR. Cela représente une augmentation moyenne de 9 % des bénéfices pour le secteur industriel européen. Bien que non incluses, l’augmentation des parts de marché et de nouvelles recettes liées aux produits viennent s’ajouter à cela.
• Création de 168 000 nouveaux emplois qualifiés essentiellement locaux liés aux domaines de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables.
• Réduction de 1 200 MteqCO2 par an des émissions de gaz à effet de serre (soit 14,6 % du  total des émissions de gaz à effet de serre annuelles de l’Europe) grâce à l’efficacité énergétique et à l’utilisation d’énergies renouvelables.

Les 11 % de bénéfices supplémentaires, les 20 % de nouveaux emplois et les réductions de gaz à effet de serre identifiés ci-dessus pour l’Europe pourraient être atteints si les seuls 20 plus grands fabricants européens appliquaient le Nouveau Modèle Industriel à leurs activités mondiales.
Ce Nouveau Modèle Industriel découple la réussite économique de la consommation des ressources naturelles. Il dépasse la pensée dominante, qui considère le développement durable comme une activité de conformité et un coût, pour stimuler les revenus et les bénéfices en intégrant le développement durable dans la stratégie fondamentale de l’entreprise.
Pour soutenir la transition vers le Nouveau Modèle Industriel, le catalyseur le plus important est le leadership du Top Management. Les cadres en charge de la stratégie doivent également utiliser leur vision stratégique et intersectorielle pour bien envisager l’application du modèle dans leur organisation et élaborer les arguments en faveur du changement. L’implication du personnel est un autre levier du Nouveau Modèle Industriel.



Parmi les mesures accélérant la transition, les entreprises peuvent :
• S’engager à réduire les matériaux utilisés de 5 % par unité de production par rapport aux niveaux actuels, àréduire la consommation d’énergie de 20 % par unité de production par rapport aux niveaux actuels et à utiliser 100 % d’énergie verte d’ici 2020.
• Demander à leurs fournisseurs de présenter des Déclarations Environnementales Produits ou des données validées issues de l’analyse du cycle de vie pour leurs produits/matériaux afin que l’attention soit toujours portée sur l’impact environnemental des matières premières et produits.
• Repenser les produits en s’interrogeant sur leur capacité à mieux répondre aux attentes des clients et à créer davantage de valeur s’ils étaient plus économes en ressources ou proposés sous forme différente (par ex. entretien, remise à neuf ou utilisation partagée).

Les pouvoirs publics jouent aussi un rôle primordial dans la transition. Les normes de performance réglementaires contribuent à encourager l’utilisation efficace des ressources non liées au travail. Mettre en place une aide financière pour promouvoir les énergies renouvelables, de manière transitoire, atteste de la valeur pour la société d’un approvisionnement énergétique décarboné et plus sûr, ainsi que des emplois additionnels générés. 

Par ailleurs, les pouvoirs publics peuvent faciliter la transition en :
• Déplaçant la charge fiscale du travail pour la mettre sur l’utilisation de ressources vierges et les dommages environnementaux.
• Ordonnant la transparence des intrants et des impacts, en créant par exemple un système d’évaluation permettant de comparer l’énergie nécessaire à la mise sur le marché des produits de différents producteurs (et notamment des produits à forte intensité énergétique comme l’acier, le verre, les biscuits ou certains services hospitaliers).
• Élargissant la demande des marchés publics pour les produits « contenant » un pourcentage élevé de matériaux recyclés et d’énergie d’origine renouvelable.
• Obligeant un passage à l’efficacité énergétique lorsqu’un audit indique une période de retour sur investissement inférieure ou égale à trois ans.


DÉFIS ET OPPORTUNITÉS POUR LES ENTREPRISES AUJOURD'HUI
Les fabricants européens sont aujourd’hui confrontés à divers défis d’ordre financier, environnemental et social :
• Les préoccupations financières peuvent être l’augmentation du prix des intrants causée par des contraintes d’approvisionnement et des problèmes de sécurité des ressources ainsi que la concurrence des produits à bas coût..
• Les questions environnementales peuvent porter sur la qualité de l’air, le changement climatique et la demande croissante en ressources naturelles dont le prix est de plus en plus pris en compte dans l’économie.
• Du point de vue social, l’Europe a besoin de croissance créatrice d’emplois pour rehausser la qualité de vie de ses citoyens et soutenir la prospérité des consommateurs.

Il s’agit là de problèmes convergents. Dans une période où la transparence et la collaboration récompensent le leadership et sanctionnent l’inaction ; les investisseurs, les consommateurs et la société demandent de plus en plus aux entreprises de rendre des comptes sur les réponses apportées à ces défis. Ces derniers s’aggraveront toutefois si l’approche traditionnelle de la production basée sur la réduction des effectifs et l’exploitation des réserves de ressources naturelles persistent.
Pourtant, ces défis constituent également des opportunités pour les entreprises désireuses d’adopter une nouvelle approche consistant à ne plus considérer les questions sociales et environnementales comme un gadget ou une activité de conformité. À ce jour, seules quelques entreprises ont profité de ces opportunités de manière intégrée. ...

Le principal obstacle pour les fabricants cherchant à améliorer leurs opérations est le coût (ou coût perçu) que cela implique, surtout dans une période économique difficile. Le Nouveau Modèle Industriel reconnaît cela et commence par traiter la question de l’utilisation efficace des ressources non liées au travail. Mettre l’accent sur la réduction de l’utilisation de matières premières/intrants coûteux affichant le prix le plus haut, les risques d’approvisionnement les plus élevés et le plus gros impact environnemental, permet aux entreprises de réduire considérablement leurs coûts. Ces économies peuvent souvent se faire ressentir sur une courte période de retour sur investissement.
Malheureusement, de nombreuses initiatives se contentent souvent de profiter des réductions rapides des coûts sans aller plus loin, laissant une valeur considérable inexploitée.
Les grandes entreprises réinvestissent une partie de ces économies dans des intrants durables pour créer davantage de valeur. Passer à des matières premières durables et à l’énergie renouvelable renforce la sécurité de l’approvisionnement et réduit l’impact environnemental des produits tout en créant de l’emploi.
Les entreprises florissantes ne s’arrêtent pas là ; elles rentabilisent ensuite les avantages concurrentiels démontrés (mais non réalisés) aux deux premières étapes en augmentant leur part de marché, en créant de nouveaux produits et en identifiant d’autres possibilités d’utilisation efficace des ressources pour poursuivre les améliorations.
Ensemble, ces trois étapes (utilisation efficace des ressources, intrants durables et rentabilisation des avantages concurrentiels) constituent un Nouveau Modèle Industriel qui encourage l’innovation continue. Lorsque ce cycle se répète plusieurs fois, cela entraîne une augmentation des bénéfices, la création d’emplois locaux qualifiés et la réduction des impacts environnementaux avec en parallèle, la motivation du personnel et le ralliement d’adeptes (défenseurs de la marque) parmi les investisseurs, les clients/consommateurs et la population.


L'IMPACT COMBINE DU NOUVEAU MODÈLE INDUSTRIEL

Le résultat combiné pour Interface est une baisse continue annuelle nette des coûts actuels de 7,6 millions EUR, une diminution de 13 800 teqCO2 des émissions de gaz à effet de serre issues de la consommation énergétique liée à la production, une réduction de l’empreinte carbone de 21 700 teqCO2, liée aux matériaux et la création d’emplois.
En partageant ces résultats avec ses clients, Interface a pu maintenir sa place de leader sur le marché et poursuivre le développement de nouveaux produits rentables et d’initiatives qui se répètent autour du
cycle du Nouveau Modèle Iindustriel. Cela a également réduit les risques d’exploitation pour Interface avec
notamment une moindre exposition à la raréfaction et aux augmentations du prix des énergies fossiles,
à la spirale des prix du carbone, à des normes de construction plus strictes39 et aux rabais pratiqués par
la concurrence40.
L’extension de l’approche du Nouveau Modèle Industriel à l’ensemble du secteur industriel européen ferait apparaître les avantages nets potentiels suivants :
• Amélioration du bénéfice avant impôts de 100 milliards EUR par an provenant d’une utilisation rationnelle des matières, du rendement énergétique et de l’énergie renouvelable ; avec des dépenses d’investissement en capital de 66 milliards EUR. Cela représente une augmentation moyenne de 9 % des bénéfices pour le secteur industriel européen.
Bien que non incluses par souci de prudence, des augmentations des parts de marché et du chiffre d’affaires viennent s’ajouter à cela.
• 168 000 nouveaux emplois qualifiés et essentiellement locaux en rapport avec l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.
• 1 200 MteqCO2 par an de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (14,6 % du total des émissions de gaz à effet de serre annuelles de l’Europe) grâce à l’efficacité énergétique et à l’utilisation d’énergie renouvelable.
À eux seuls, les 20 plus grands fabricants d’Europe peuvent parvenir à 11 % du total de cette opportunité d’amélioration du bénéfice et 20 % des emplois et des réductions de l’empreinte carbone en faisant évoluer leurs activités à travers le monde.

RÉUSSIR LA TRANSITION 

Principales parties prenantes
Pour soutenir la transition vers le Nouveau Modèle Industriel, le catalyseur le plus important est le leadership des dirigeants. Le Nouveau Modèle Industriel est une activité permanente ; une entreprise doit tenir le cap, ce qui est difficile sans l’impulsion des cadres supérieurs en faveur de la transition. En outre, étant donné que de nombreux services de l’entreprise devront évoluer (y compris achats, opérations, marketing et ventes), le PDG est souvent le seul haut responsable à jouir d’une autorité qui englobe tous les
domaines. Aux commandes des entreprises pionnières qui ont adopté le Nouveau Modèle Industriel (sous l’apparence du ‘développement durable’) se trouvent des fondateurs ou PDG démontrant un profond engagement public comme Paul Polman (Unilever), Ian Cheshire (Kingfisher), Anita Roddick (Body Shop), Ray Anderson (Interface), Yvon Chouinard (Patagonia) et Gunter Pauli (Ecover).
Les PDG doivent avoir conscience de l’opportunité et en reconnaître les avantages. Jusqu’à ce jour, les PDG qui ont adopté le Nouveau Modèle Iindustriel ont souvent fait confiance à leur instinct dans les affaires.
Cependant, maintenant que le modèle a été clairement défini, il incombe aux cadres en charge de la stratégie de l’entreprise de réfléchir à l’application du modèle dans leur organisation, d’élaborer les arguments du changement et de les présenter aux PDG et aux Conseils de Direction. Une perspective stratégique est fondamentale pour comprendre tous les intérêts que cela représente et leur interconnexion, de l’efficacité opérationnelle à la force de la marque en passant par la relation client.

La mise en oeuvre d’une telle transition constitue une évolution radicale par rapport à la situation actuelle.
Par expérience, les dirigeants de nombreuses entreprises pensent avoir bien fait en ayant réduit leur consommation d’énergie, les déchets, le conditionnement et le transport ou en ayant augmenté le recyclage de 10 % à 15 % ces dix dernières années.
Des entreprises ayant de bonnes pratiques dans tous les secteurs ont pourtant enregistré des améliorations de plus de 50 % durant la même période. Et lorsque l’on regarde les grandes entreprises à travers le monde,
il ressort de l’étude de Next Manufacturing Revolution que même les entreprises ayant de bonnes pratiques sont passées à côté de nombreuses opportunités.

L’implication du personnel est un levier essentiel du Nouveau Modèle Industriel, car il est fondamental de tirer profit de sa compréhension détaillée du métier, de ses idées d’amélioration et de son enthousiasme.
D’importantes améliorations dans l’utilisation efficace des ressources non liées au travail peuvent être réalisées à travers un changement du comportement du personnel et des modifications des processus et des systèmes, dont le coût est faible. Cela améliore également la motivation et la participation tout en favorisant l’innovation du bas vers le haut.

Les pouvoirs publics jouent un rôle primordial.
Les normes de performance réglementaires aident à encourager l’utilisation efficace des ressources non liées au travail. L’aide financière temporaire décroissante en faveur de l’énergie renouvelable reconnaît l’intérêt pour la société d’un approvisionnement énergétique décarbonisé plus sûr avec la création d’emplois associée. L’importance de cette aide se constate dans les emplois en rapport avec l’énergie renouvelable, où le vaste programme des pouvoirs publics allemands en matière d’énergie renouvelable a soutenu environ un tiers des 1,1 million d’emplois créés dans le secteur dans les 27 États membres de l’UE.

En résumé, le Nouveau Modèle Industriel a besoin de l’engagement des PDG, des compétences et des connaissances de l’équipe chargée de la stratégie, d’une ouverture à l’égard de l’amélioration et de l’implication du personnel, le tout soutenu par la politique publique.

 
GRANDES IDÉES POUR ACCÉLÉRER LA TRANSITION

Pour les entreprises :
1. S’engager à réduire les matériaux utilisés de 5 % par unité de production par rapport aux niveaux actuels, à réduire la consommation d’énergie de 20 % par unité de production par rapport aux niveaux actuels et à utiliser 100 % d’énergie verte d’ici 2020. Des objectifs significatifs favorisent des améliorations radicales, encourageant l’innovation et un regard nouveau sur les méthodes actuelles.
L’échelle présente également des avantages en matière de coûts avec l’achat en gros et l’adoption de technologies reconnues.
2. Demander aux fournisseurs de présenter des Déclarations Environnementales Produits ou des données validées issues de l’analyse du cycle de vie pour leurs produits/matériaux. Cela les incitera à réfléchir sur leur impact et permettra aux entreprises de mieux comprendre les impacts dans leur chaîne d’approvisionnement.
3. Repenser ses produits en s’interrogeant sur la manière dont ils peuvent mieux répondre aux attentes des clients et à créer davantage de valeur s’ils étaient plus économes en ressources ou proposés sous forme différente (par ex. entretien, remise à neuf ou utilisation partagée).

Pour les pouvoirs publics :
Outre les initiatives actuelles et prévues comme la tarification du carbone, les normes de performance énergétique et l’aide temporaire en faveur de l’énergie renouvelable :
• Déplacer la charge fiscale du travail vers l’utilisation de ressources vierges et les dommages environnementaux.
• Ordonner la transparence au niveau des intrants et des impacts. Par exemple, le groupe Aldersgate et BT mettent au point un label pour l’électricité afin d’aider les consommateurs à identifier les impacts de leurs décisions en matière d’achat d’énergie. Il pourrait s’agir de créer un système d’évaluation permettant de comparer l’énergie grise de produits à forte intensité énergétique comme l’acier et le verre de différents producteurs.
• Étendre les politiques d’achats des marchés publics en faveur des produits avec un pourcentage élevé de matériaux recyclés et fabriqués à partir d’énergie renouvelable, au niveau local, régional et national.
• Imposer la mise en oeuvre d’un système énergétique efficace lorsqu’un audit indique une période de retour sur investissement inférieure ou égale à trois ans.
Cela a été mis en oeuvre avec succès en Australie où les pouvoirs publics ont réduit les coûts, les émissions de gaz à effet de serre et la demande énergétique en saisissant tout simplement des opportunités commerciales à faible risque à côté desquelles on passe actuellement.
 

Source : Extraits du rapport de Lavery/Pennell pour Interface "Le Nouveau Modèle Industriel : Plus de bénéfices, plus d’emplois et moins d’impact sur l’environnement" - Mars 2014

 Télécharger le Rapport  complet sur le Nouveau Modèle Industriel


 EN SAVOIR PLUS :

 A propos d'InterfaceInterface est un des leaders mondiaux de la conception et fabrication de dalles de moquette . Ses produits associant design et innovation sont fonctionnels et s’inscrivent dans une démarche de développement durable. Interface compte parmi les premières entreprises à s’être lancées publiquement sur la voie du développement durable au milieu des années 1990, s’engageant alors à éliminer son impact sur l’environnement à l’horizon 2020. Connu sous le nom de Mission Zéro®, cet objectif influe sur tous les aspects de l’entreprise et conduit Interface à toujours repousser les limites pour atteindre son but. www.interface.com

 A propos de Lavery/Pennell
Lavery/Pennell est un cabinet de conseil en stratégie, qui aide ses clients à accroître leurs bénéfices, tout en améliorant leurs performances en matière de développement durable. Conjuguant la stratégie d’entreprise et une expérience du commerce, de la technologie et du développement durable, l’approche globale et rigoureuse de Lavery/ Pennell permet d’identifier rapidement les économies de coûts significatives, de saisir de nouvelles occasions d’accroître le chiffre d’affaires et de gagner un avantage concurrentiel.
www.laverypennell.com

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