9 juil. 2013

Quelle est la part de la valeur ajoutée de l'économie sociale et solidaire ?

L'Insee dans son document «Vue d'ensemble» L'Economie Française - Edition 2013, publie  une première estimation de la valeur ajoutée de l'économie sociale et solidaire.

CE QU'IL FAUT RETENIR :
L’économie sociale (ES), telle que définie par le réseau des chambres régionales de l’économie sociale et solidaire (Cress), recouvre l’ensemble des coopératives, mutuelles, associations et fondations dont les activités de production de biens et de services ne visent pas l’enrichissement individuel, mais s’attachent au partage et à la solidarité. Les entités y participant partagent un certain nombre de valeurs et de principes, au premier rang desquels figurent la libre adhésion, l’autonomie de gestion, l’exercice d’une activité non lucrative et la gouvernance démocratique. 
L’économie sociale appréhendée ici ne présente pas de composante « solidaire », dans la mesure où elle exclut les entreprises d’insertion et du commerce équitable ainsi que le travail gratuit effectué au sein des associations.

L’économie sociale représente environ 6 % de la valeur ajoutée (VA) brute créée en France en 2010 (figure), ce qui correspond à un montant d’un peu plus de cent milliards d’euros.
Cette VA émane surtout de l’action sociale (pour un quart), des activités financières (pour un cinquième), de l’enseignement (pour un cinquième également) et de la santé (pour un dixième).

Dans certaines activités, la part de la VA générée par l’ES est prépondérante ; en particulier pour les activités associatives (associations caritatives, comités d’œuvres sociales, etc.), où l’ES représente les trois quarts de la VA. 
Le poids de l’ES est notable dans l’action sociale avec une part de plus de 40 %, portée par les activités d’aide à destination des personnes âgées, des enfants et adultes en difficulté ainsi qu’envers les handicapés ; elle occupe aussi une place importante dans les assurances (deux cinquièmes), au travers de l’activité des mutuelles, et dans les activités financières (un peu moins d’un tiers) via les banques coopératives (Crédit Agricole, Banque Populaire - Caisse d’Épargne, Crédit Mutuel) ; enfin, l’ES contribue à la VA, quoique de façon un peu moins marquée, dans les activités sportives, récréatives et de loisirs (un quart), dans l’enseignement, où elle est souvent liée à l’Église catholique (un sixième), et dans la fabrication de boissons où la composante issue de l’ES émane des coopératives (avec un poids d’un sixième également).

Ces estimations sont établies à partir d’une part, du système d’informations Clap (Connaissance locale de l’appareil productif), qui fournit des chiffrages sur l’emploi salarié et les rémunérations, d’autre part, des données issues des comptes nationaux sur les valeurs ajoutées par type d’activité.

Le champ de l’économie sociale est déterminé selon une sélection de catégories juridiques et de codes d’activités principales au sein de Clap. Pour chaque activité, la VA dégagée par l’ES est ensuite estimée en
multipliant la valeur ajoutée de cette activité par le poids attribué à l’ES dans les rémunérations de l’activité correspondante. 
Cette estimation repose donc sur l’hypothèse que, dans une activité donnée, la part des rémunérations dans la valeur ajoutée est identique pour l’ES et pour le reste de l’économie.
C’est la raison pour laquelle cette évaluation de la part de l’ES dans la valeur ajoutée doit être prise avec beaucoup de précautions [Bisault 2011 et 2012].

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Source : INSEE "Vue d'ensemble" - L'économie Française Edition 2013