27 juin 2013

Les Indicateurs Environnement Alsace 2013 !

Ce matin a été dévoilé à la Maison de la Région Alsace, dans le cadre des 6èmes Rencontres Alsaciennes de l'Environnement, le bilan de la situation environnementale de la région. Ce bilan, établi sur la base d'une trentaine d'indicateurs représentatifs des principales thématiques environnementales, doit permettre, par une meilleure connaissance de l'état de l'environnement alsacien, d'initier et de mener des actions pertinentes et efficaces en faveur de sa préservation.

Les Rencontres Alsaciennes de l’Environnement, initiées par le Conseil Régional d’Alsace en 2003, dressent tous les deux ans un bilan global de l’évolution de l’environnement en Alsace à travers ses différentes composantes : eau, air, énergie, déchets, occupation de l’espace, milieux naturels et éducation à l’environnement.

La Brochure "Indicateurs de l'Environnement  Alsace 2013",  présente 30 indicateurs,  et elle est actualisée à chaque édition grâce à l’implication constante de l’ensemble des partenaires : Département du Bas- Rhin, Département du Haut-Rhin, l’État, les Parcs Naturels Régionaux, l’APRONA, l’ASPA, Alter Alsace Énergies, ODONAT et l’Ariena.
Les réflexions issues des éditions successives ont conduit à enrichir la série d’indicateurs sur le thème de l’occupation des sols, contribuant ainsi à éclairer le débat sur la consommation de l’espace. 
Les rencontres alsaciennes de l’environnement ont été également à l’origine de l’élaboration de l’indicateur de suivi de la biodiversité, démarche pionnière en France.
Cette 6ème édition de la brochure permet désormais de dégager quelques tendances de fond sur l’évolution de notre environnement.

Une situation contrastée !
"On observe une diminution depuis 2003 des émissions de gaz à effet de serre, bien que des dépassements de normes de la qualité de l’air pour l’ozone, le dioxyde d’azote et les particules restent à surveiller.
Dans le domaine des déchets, la production est à la baisse, tant en ce qui concerne les déchets d’activité économique enfouis que les déchets dangereux.
La diversité biologique des zones humides et les surfaces forestières de plaine et de piémont continuent de régresser, mais des évolutions positives sont à relever, telles que l’augmentation des surfaces protégées pour la biodiversité et la diminution de la consommation foncière par logement.
Dans le domaine de l’eau, les efforts doivent être poursuivis, tant pour les rivières que pour les eaux souterraines.
L’activité des associations dédiées à l’éducation à la nature et à l’environnement est à son plus haut niveau depuis 2003. Elle touche un public de plus en plus nombreux, lui permettant de découvrir les richesses naturelles de l’Alsace et d’acquérir les gestes concrets que chacun peut mener pour améliorer son cadre de vie.
Cet état des lieux met ainsi en évidence, sans complaisance, nos points de fragilité et la nécessité de poursuivre collectivement nos efforts.
Il importe que ce travail d’observation, fruit d’une volonté commune, soit poursuivi et encouragé. Je tiens ainsi à remercier chaleureusement l’ensemble des partenaires qui, par leur implication, contribuent à faire de ce document un outil de référence en Alsace."  Philippe RICHERT- Président du Conseil Régional d'Alsace - Ancien Ministre


1. LES MILIEUX NATURELS :
Face à la richesse des milieux naturels et à l’importance des pressions qui s’y exercent, les mesures de protection et de gestion sont déjà fortement développées en Alsace. Mais un effort particulier doit porter sur la nature dite ordinaire, souvent moins considérée que la nature remarquable.
Le Schéma régional de cohérence écologique en cours d’élaboration donnera un cadre de référence commun sur les actions prioritaires à mener dans les années à venir pour améliorer la préservation des milieux naturels et des espèces qui en sont tributaires, dans une vision globale des enjeux.

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A retenir : Les surfaces de nature protégées ou gérées pour la biodiversité augmentent progressivement, mais la biodiversité dans les zones humides continue de régresser.


2. L'EAU :
L’Alsace dispose d’un patrimoine en eau particulièrement riche.
Il est essentiel de préserver la qualité des eaux de la nappe rhénane et des aquifères du Sundgau pour pouvoir produire en tout point, une eau de qualité potable sans traitement complexe. L’objectif pour les eaux de surface est d’atteindre le « bon état écologique » qui est l’appréciation, au titre de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), du bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques.

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A retenir : La problématique des pesticides concerne l’ensemble de la nappe du Rhin supérieur. Les substances quantifiées sont très diversifiées et de nouvelles molécules apparaissent. L’amélioration globale vis-à-vis des nitrates se poursuit mais les secteurs dégradés restent dégradés.


3. OCCUPATION DE L'ESPACE :
L’Alsace, la plus petite des régions françaises est riche en paysages naturels et ruraux. Ils contribuent fortement à sa qualité de vie et constituent une ressource importante pour le tourisme.
Ces paysages sont menacés par une utilisation intensive du sol.
L’extension urbaine se fait aux dépens des terres à vocation agricole et des espaces naturels.
Il est nécessaire :
• de réduire l’artificialisation de l’espace pour la biodiversité et de conserver la disponibilité des services que rendent les milieux naturels, les forêts ou les terres agricoles,
• de garantir les possibilités de déplacement de la faune en évitant le morcellement de leur biotope,
• de favoriser une diversité d’usages des sols et la biodiversité pour la sauvegarde de nos activités même économiques et nos paysages,
• d’intégrer les zones humides dans la gestion et l’aménagement du territoire pour leurs fonctions de régulation, d’épuration et écologiques.

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A retenir : La consommation foncière moyenne par logement poursuit sa décroissance. La part des terres en prairies permanentes et la Surface Agricole Utilisée restent stables malgré la consommation de l’espace par l’urbanisation : les espaces naturels en montagne, les forêts en plaine ou en piémont ainsi que d’autres espaces semi-naturels servent de variables d’ajustement.


4. AIR :
Les indicateurs de la qualité de l’air sont articulés autour des pollutions au dioxyde d’azote, aux particules et à l’ozone pour répondre aux enjeux de la qualité de l’air en Alsace que sont la santé humaine, les valeurs patrimoniales naturelles et la qualité de vie.
Ils traduisent, dans une région rendue vulnérable par sa topographie (phénomène d’abri des Vosges) et la météorologie qui en découle, des pressions exercées sur l’atmosphère en particulier par l’urbanisation du fossé rhénan.
Celle-ci génère des déplacements liés au trafic pendulaire qui s’ajoutent au trafic interurbain de transit.
Le Schéma Régional de l’Air, du Climat et de l’Énergie a d’ailleurs identifié 150 communes alsaciennes (où vivent 63 % des alsaciens) comme zone « sensible » où des actions spécifiques pour prévenir ou réduire la pollution atmosphérique peuvent être engagées.

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A retenir : Les évolutions globales des concentrations (PM10, dioxyde d’azote et ozone) sont orientées à la baisse. Toutefois, des normes de qualité de l’air (valeur limite, objectif long terme ou valeurs guide de l’OMS) sont encore dépassées partout pour l’ozone et en proximité de trafic pour le dioxyde d’azote et les particules.
À noter que l’agglomération de Strasbourg fait partie des 16 zones françaises présentant un dépassement de la valeur limite journalière (50 μg/m3 à ne pas dépasser plus de 35 jours dans l’année) pour les PM10.


5. ÉNERGIE :
La finalisation du Schéma Régional de l'Air, du Climat et de l’Énergie en Alsace (SRACE), approuvé en 2012, a permis d’élaborer un document stratégique au service de tous les acteurs locaux avec comme objectif de diviser par 6 les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050 par rapport à ceux émis en 1990.
Ces engagements, aux croisements des objectifs internationaux et nationaux, prennent en compte les spécificités régionales et ont permis d’identifier les ambitions suivantes concernant les émissions de gaz à effet de serre et l’énergie :
élaboration d’un scénario volontariste « facteur 6 » par rapport aux émissions de 1990 ou facteur 4 par rapport aux émissions de 2003,
• réduction de 20 % de la consommation énergétique finale entre 2003 et 2020, et de 50 % à l’horizon 2050,
• augmentation de la production d’énergies renouvelables à 26 % dans la consommation d’énergie finale en 2020, pour atteindre environ 50 % en 2050.
Les indicateurs relatifs à ces différents objectifs ont été intégrés au diagnostic régional énergie et gaz à effet de serre (GES) de manière à en avoir un suivi annuel.
Le schéma permet aux collectivités locales d’intégrer ces orientations au niveau territorial, particulièrement via leurs plans climat énergie et territoire (PCET), afin de les rendre effectives et tracer ainsi la voie de la transition énergétique.

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A retenir : Fermeture annoncée de la centrale nucléaire de Fessenheim : à l’heure actuelle la centrale nucléaire de Fessenheim assure plus de 50 % de la production régionale d’énergie ce qui correspond en moyenne à environ 70 % de notre consommation d’électricité entre 2009 et 2010. La production sur le Rhin par l’hydraulique représente quant à elle environ 53 % de notre consommation d’électricité.
Aujourd’hui, l’Alsace, grâce à sa production nucléaire et hydroélectrique, est excédentaire en électricité. Demain sans la production de la centrale nucléaire de Fessenheim et à consommation d’électricité constante, des importations seront nécessaires.


6. DÉCHETS :
Les nouveaux enjeux dans le domaine des déchets ménagers sont réaffirmés dans les résolutions du Grenelle de l’Environnement et les deux lois qui en découlent, ainsi que dans la nouvelle directive-cadre européenne 
n° 2008-98 sur les déchets.
Devant l’augmentation croissante des quantités de déchets, il convient de renforcer les efforts dans le domaine de la prévention, tant au niveau de la conception des produits que dans les gestes du quotidien.
Un objectif de diminution de la production d’ordures ménagères et assimilées de 7 % par habitant sur la période 2008 / 2013 est fixé.
En ce qui concerne les déchets produits, le recyclage matière ou organique des déchets ménagers reste une priorité, avec un objectif de valorisation de 45 % d’ici 2015.
La valorisation énergétique des déchets résiduels dans des installations performantes permet de produire une énergie renouvelable.
Seuls les déchets ultimes (ne pouvant plus être valorisés dans les conditions techniques et économiques du moment) sont admis dans les installations de stockage.

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A retenir :
• La part des déchets ménagers valorisés augmente.
• La production des déchets industriels, dangereux ou non, reste corrélée à l'activité économique régionale.
• La production de déchets dangereux en Alsace diminue


7. ÉDUCATION A LA NATURE ET A L'ENVIRONNEMENT :
L’éducation à la nature et à l’environnement a pour objectifs de former des citoyens conscients et responsables à l’égard de l’environnement.
Elle a également pour projet de donner l’envie d’agir concrètement en faveur de la nature et de l’environnement, notamment par le contact direct avec la nature et l’expérience vécue.
En Alsace, le réseau Ariena regroupe une cinquantaine d’associations dont un tiers se consacre exclusivement à l’éducation à l’environnement et dont les deux tiers restant ont développé des actions de sensibilisation en complément de leur objet initial (ex : associations de protection et de gestion de la nature, muséums d’histoire naturelle, sports de pleine nature, etc.).
Ces associations s’adressent à des publics très variés : enfants, familles, salariés d’entreprises, agents des collectivités et des services de l’État, élus, enseignants, formateurs, éducateurs, etc.  sur leur lieu d’habitation, de loisirs, de travail ou en pleine nature.

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A retenir :
• Les associations exclusivement dédiées à l’éducation à la nature et à l’environnement présentent des volumes d’activité et un nombre de personnes sensibilisées au plus haut niveau depuis 2003.
• A contrario, l’activité complémentaire réalisée par des associations non spécialisées reste très fragile.
• Les actions éducatives couvrent l’ensemble du territoire alsacien. 


A SAVOIR :
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Source :  Communiqué Région Alsace - Terre d'Info


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