26 mars 2013

Enquête nationale sur l'Autopartage : Les résultats !


Lancée en juillet 2012, l’enquête nationale sur l’Autopartage réalisée par 6T-Bureau de recherche en partenariat avec France  Autopartage et avec le soutien de l’ADEME dans le cadre du PREDIT 4 a été menée auprès de 2090 abonnés à 21 services d’autopartage répartis dans toute la France.
La conférence de presse organisée le jeudi 21 mars dernier  a été l’occasion pour Nicolas Louvet,  directeur du bureau de recherche 6T de présenter les résultats de cette étude avec les  retours de Jean Baptiste Schmider directeur de France Autopartage

Les Français utilisent de moins en moins leur voiture. En  milieu urbain, en posséder une devient de moins en moins  rentable. L’autopartage est le système qui permet d’utiliser  ponctuellement une voiture sans subir les inconvénients liés à sa possession. Il est encore marginal, mais il a connu  dans les dernières années une croissance exponentielle et  dispose d’un potentiel de développement très important. Si  le service Autolib’ à Paris lui a permis de gagner en visibilité,  la plupart des grandes agglomérations françaises disposent  également d’un service d’autopartage, géré par un opérateur  privé ou directement par la collectivité locale.


LES RESULTATS DE L'ENQUETE (SYNTHESE):

L’autopartage : un potentiel sous-exploité
Les Français utilisent de moins en moins leur voiture. En milieu urbain, en posséder une devient de moins en moins rentable.
L’autopartage est le système qui permet d’utiliser ponctuellement une voiture sans subir les inconvénients liés à sa possession. Il est encore marginal, mais il a connu dans les dernières années une croissance exponentielle et dispose d’un potentiel de développement très important. Si le service Autolib’ à Paris lui a permis de gagner en visibilité, la plupart des grandes agglomérations françaises disposent également d’un service d’autopartage, géré par un opérateur privé ou directement par la collectivité locale.
Avec l’augmentation des prix du pétrole, les politiques de limitation de la voiture individuelle dans les villes et l’attrait croissant d’autres moyens de transports, l’autopartage est amené à se développer en France d’ici 2030.

Dans ce contexte, 6T-Bureau de recherche en partenariat avec France Autopartage a souhaité mesurer et comprendre l’impact de l’autopartage sur la mobilité urbaine.
Ce document présente les principaux résultats d’une grande enquête nationale menée en 2012 auprès de plus de 2000 autopartageurs.




L’Enquête en chiffres :
Une enquête en ligne menée entre juillet et septembre 2012 en partenariat avec France Autopartage. Véolia/ Transdev a diffusé l’enquête auprès d’AutoBleue, Yélomobile et Mobizen.
Plus de 95 % des répondants utilisent un service en boucle.
130 questions pour comprendre l’usage et l’image de l’autopartage, mais aussi des autres modes de transport pour les autopartageurs.
2 090 répondants, abonnés à 20 services d’autopartage répartis dans toute la France.
60 % de répondants abonnés depuis moins de 3 ans.

Autopartage : Système de location de voitures en milieu urbain, qui permet d’utiliser les véhicules en libre-service et de façon ponctuelle.




Le principal résultat de l’étude est que l’autopartage est un puissant déclencheur de mobilités alternatives à la voiture personnelle.
L’autopartage permet aux habitants des villes de s’affranchir de la voiture individuelle, de découvrir et de s’approprier d’autres modes de déplacement. Il constitue donc un levier majeur pour le développement d’une mobilité urbaine durable.

L’autopartage permet de faire des économies
L’autopartage est considéré par ses utilisateurs comme étant un mode de transport «économique» (pour 46 % des autopartageurs), « pratique » (pour 45%) et « écologique » (pour 35 %). Il permet de bénéficier de la liberté de mouvement offerte par une voiture sans avoir à assumer les démarches et les frais liés à sa possession : l’achat, l’entretien et les réparations, mais aussi le stationnement. Dans un contexte où se stationner en ville devient de plus en plus cher et difficile, l’autopartage dispose de parkings dédiés qui permettent de s’affranchir des contraintes de stationnement que sont le coût d’une place de parking et le temps passé à la chercher.
La principale raison pour passer à l’autopartage est le coût de revient moins élevé qu’une voiture individuelle. Certaines circonstances de la vie (un déménagement en ville, le départ des enfants…) font que la troisième, la seconde ou même l’unique voiture d’un ménage devient trop onéreuse pour le nombre de kilomètres qu’elle effectue par an. L’autopartage constitue alors une solution de substitution partielle ou totale à la voiture individuelle, qui permet de continuer à utiliser une voiture sans subir les coûts liés à sa possession.
Les autopartageurs économisent d’abord de l’argent parce qu’ils utilisent moins la voiture.
La voiture dont on se sépare, ou que l’on évite d’acheter grâce à l’autopartage est aussi celle que l’on n’utilisera pas pour effectuer des trajets que l’on peut réaliser à pied, à vélo, en transports en commun ou en train.


L’autopartage permet de réduire l’utilisation de la voiture
Selon les données recueillies dans le cadre de l’enquête, avant de passer à l’autopartage, les autopartageurs conduisaient en moyenne 5 246 km par an. Après être passés à l’autopartage, ils conduisent en moyenne 3 115 km, dont 1 477 km en autopartage. Au global, le nombre de kilomètres parcourus en tant que conducteur d’une voiture diminue de 41 %. Ces chiffres prennent en compte les autopartageurs qui ne possédaient pas de voiture avant de passer à l’autopartage. Si ne sont pris en compte que les autopartageurs qui disposaient d’un ou plusieurs véhicules avant l’autopartage, le nombre de kilomètres parcourus en tant que conducteur d’une voiture diminue de 50 %.
Si les autopartageurs effectuaient avec une voiture personnelle les 1477 kilomètres qu’ils effectuent en moyenne avec l’autopartage, cela s’avèrerait plus coûteux. En effet, l’autopartage permet à ses usagers de ne pas supporter tous les coûts liés à la possession d’une voiture, notamment les coûts fixes (amortissement, assurance) et ceux liés au stationnement (public et privé).

L’autopartage permet de se séparer de sa voiture
L’autopartage est un outil efficace de lutte contre la congestion du trafic routier. D’après les résultats de l’enquête, le nombre de ménages qui ne possèdent pas de voiture augmente de 40 %
avec l’adhésion à un service d’autopartage. Au regard de la diminution du nombre de voitures possédées par les ménages, chaque voiture d’autopartage remplace 9 voitures personnelles et libère 8 places de stationnement.
L’autopartage participe donc directement à la réduction du trafic, en diminuant le nombre de
voitures en circulation.
Il y contribue aussi indirectement, en libérant de l’espace de stationnement et en contribuant à raccourcir le temps passé par les automobilistes à chercher des places de parking en ville.
Sur le plan collectif, réduire ce temps est un enjeu fort : les véhicules en recherche de stationnement représentent 5 à 10 % du trafic urbain.
Au total, le temps passé par les Français à chercher une place de parking est de 70 millions d’heures par an, pour un coût évalué à environ 600 millions d’euros.
Enfin, l’espace libéré par les voitures pourra être réaffecté à d’autres usages (aménagements piétons, cyclables, logements, commerces…) et contribuer ainsi à une ville plus durable.


L’autopartage permet d’utiliser tous les modes de transport
En affranchissant ses utilisateurs de la voiture particulière, l’autopartage incite à utiliser d’autres modes de déplacement.
Suite à leur passage à l’autopartage, les autopartageurs utilisent davantage :
• la marche à pied (pour 30 % d’entre eux),
• le vélo (29 %),
• les transports collectifs (25 %),
• le train (24 %),
• et le covoiturage (12 %).
Ils sont ainsi beaucoup moins nombreux à utiliser la voiture et le deux roues motorisé tous les jours, mais beaucoup plus nombreux à utiliser les transports en commun, le vélo et la marche à pied quotidiennement.
Intégré à un bouquet de services de transport, un système d’autopartage peut donc être, au moins en partie, financé par les nouveaux utilisateurs qu’il amène aux autres modes de déplacement, tels que les transports collectifs urbains et le vélo en libre service.
Là où d’autres transports urbains n’agissent qu’indirectement sur l’usage de la voiture particulière, l’autopartage s’adresse directement aux automobilistes et leur permet d’adopter des modes de déplacement auxquels ils ne seraient pas venus spontanément.

L’autopartage permet l’adhésion aux politiques d’écomobilité
L’autopartage joue un rôle de compensation qui en fait un levier pour l’acceptabilité des politiques de restriction de la voiture en milieu urbain (Péages urbains, Zones d’Action Prioritaires pour l’Air, restriction du stationnement…).
L’enquête montre que les principaux utilisateurs de l’autopartage sont aujourd’hui des personnes qui ont une préférence pour l’automobile mais qui sont contraintes à l’utilisation des transports en commun par des politiques de restriction de la voiture en ville.
Ces utilisateurs sont également la catégorie d’usagers la plus satisfaite par leur service d’autopartage, parce que celui-ci leur permet de perpétuer une pratique de l’automobile qu’ils ne pouvaient maintenir avec leur voiture personnelle.


LES ENJEUX AUJOURD'HUI :


 Connaissances de l’autopartage
La connaissance du système influence directement sa diffusion : 65 % des autopartageurs se sont abonnés à l’autopartage moins de 6 mois après avoir découvert son existence.
La visibilité des stations d’autopartage et des voitures autopartagées dans les villes est un enjeu fort : il s’agit du principal moyen de découverte de l’autopartage pour les personnes qui s’y sont abonnées en 2012.
Développement de l’autopartage
Le deuxième enjeu majeur de développement de l’autopartage est la constitution d’un réseau national : 70 % des autopartageurs souhaitent pouvoir utiliser l’autopartage dans d’autres villes que celle où ils résident.
Source : Enquête nationale Autopartage - 6T-Bureau -  Ademe