7 avr. 2012

Le capital-risque en crise - sur Alternatives Economiques :

 Dans son numéro d'avril 2012, la revue Alternatives Economiques titre dans sa rubrique Comprendre - Gestion : "Le capital-risque en crise."
Cet article met en lumière la difficulté des PME innovantes à trouver des apports en capital pour démarrer ou se développer,  bien que leur développement soit crucial pour le dynamisme de notre économie. 
Reste à trouver le meilleur moyen pour contrecarrer ce déclin. 
CE QU'ON PEUT RETENIR DE CET ARTICLE :
" Les PME ont besoin d'apports en capital pour démarrer et se développer. Or, l'activité de capital-risque, déjà limitée en France avant la crise, s'est fortement contractée depuis. Pour contrecarrer le déclin du secteur, l'Etat a créé de nouvelles structures de financement. Une action positive, à court terme.
Le financement des entreprises, il en est beaucoup question dans la campagne présidentielle. Et ce n'est pas surprenant : c'est une question clef en effet pour la dynamique de l'économie. Or, le capital-risque est actuellement sinistré en France, d'où la nécessité d'une intervention publique accrue dans ce secteur.
Les entreprises ont besoin, d'une part, qu'on leur fasse crédit, c'est-à-dire qu'on leur avance de l'argent pour une durée déterminée à un taux d'intérêt donné.
Cette recherche s'avère souvent difficile "...
 "Mais les entreprises ont généralement encore plus de mal à mobiliser une autre forme de financement : les apports en capital. Il s'agit de mettre à leur disposition de l'argent, pour une durée indéfinie, en prenant tous les risques financiers liés au développement d'une entreprise. Et cela en échange seulement d'un droit de regard sur la gestion des dirigeants...
L'investisseur qui apporte du capital se réunère avec les dividendes versés aux actionnaires ou avec les plus-values quand le succès de l'entreprise a fait augmenter la valeur des parts de capital qu'il détient. Mais ces rentrées sont souvent aléatoires"...
Malgré ces inconvénients, les entreprises ont absolument besoin de tels capitaux, car elles ne peuvent se financer uniquement par endettement, surtout si elles sont jeunes...

Pour les PME, cette recherche de capital passe par ce que l'on nomme le "private equity". 
Sous ce vocable coexistent des financeurs variés : des investisseurs institutionnels (banques, assurances, fonds de pension), des grosses fortunes (les family office), des entrepreneurs ayant réussi, mais aussi, notamment aux Etats Unis; des fonds universitaires ou encore des fonds associés à des entreprises...

Le capital-risque ce sont  pour résumer,  des fonds privés spécialisés qui collectent des financements pour investir au capital des PME pour des durées de trois à sept ans.
 On distingue 3 familles :
  • l'amorçage, avec un apport en capital de 100 000 à 500 000 euros investis dans des entreprises en démarrage,
  • le capital-risque proprement dit, avec des ticket de 1 à 3 millions d'euros pour des entreprises innovantes,
  • le capital développement, où il s'agit de placer en général plus de 3 millions d'euros dans des sociétés déjà bien installées et rentables...
L'activité de capital-risque, déjà assez peu développée en France, s'est fortement contractée depuis la crise... On assiste à un recentrage vers le capital investissement où le risque est moindre, et ce aux dépens de l'amorçage et du financement des jeunes entreprises innovantes...

Au-delà des difficultés conjoncturelles, le secteur souffre d'un mal plus structurel : le rendement des investissements du capital-risque est faible...
Pour compenser ces faibles rendements : la loi Tepa de 2007 a ainsi créé une niche "ISF/PME" qui permet de déduire de l'ISF dû, 75% (plafonnée à 50 000 euros) des investissements dans les PME européennes non cotées... Une niche cependant rabotée en 2011 (50% de déduction, plafond à 45 000 euros)...

Pourtant le financement des PME innovantes est crucial pour le dynamisme d'une économie...
Une des faiblesses majeure de la France, qui pèse notamment sur le commerce extérieur, tient au déficit en PME de taille moyenne (ETI)...

L'Etat a fait feu de tout bois pour palier la déficience du secteur privé à travers Oséo (le fond stratégique d'investissement) et, pour ce qui est du capital-risque, via une filiale de la caisse des dépots : CDC Entreprises. ..
Cette action a été salutaire à court terme mais on peut s'interroger sur la pertinence d'une telle approche dans le temps. Les investissements les plus performants sont plutôt l'apanage de petites structures spécialisées qui connaissent bien les secteurs où elles interviennent.
En effet, l'Etat est plus efficace s'il finance les entreprises en partenariat avec des structures privées.
Source : Alternatives économiques- N° 312 - Avril 2012

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