27 oct. 2011

Défaillance des entreprises : Comprendre les causes pour mieux rebondir

Dans le cadre de l’Observatoire des PME d’OSEO,  l'étude «La Défaillance des entreprises en France entre 2000 et 2010» a été réalisée par le laboratoire Economix (unité mixte du CNRS et de l’Université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense) à partir d’analyses portant sur un échantillon de plus de 100 000 entreprises. Nadine Levratto, coordinatrice de l’équipe de recherche, en a assuré la rédaction.
" Si la création d'entreprise est à la fois bien connue, beaucoup reste à faire pour comprendre les mécanismes de la défaillance. C'est donc à la détermination des facteurs d'échec des entreprises françaises au cours des dix dernières années qu'est consacrée cette étude. 
D'autant que la décennie 2000, caractérisée par de profonds mouvements cycliques et des changements induits par l'introduction de la procédure de sauvegarde, constitue une période clé pour comprendre les processus qui ont pu conduire des entreprises à la faillite. Deux années apparaissent comme dates clés : 2001, car il s'agit d'un point bas dans l'évolution du nombre de défaillances, et 2007 qui marque l'entrée dans la crise et la recrudescence des faillites. 
L'intérêt de ces analyses est donc de donner aux entreprises de meilleures chances de pérennité, avec les clés qui permettront aux entrepreneurs d'éviter les écueils et de prévenir la faillite. 
Cette étude donne également un éclairage d'ensemble sur l'évolution du tissu productif français au cours de la décennie 2000-2010."  
Les principales causes de la vulnérabilité des entreprises :
" Si le contexte économique et l’environnement de l’entreprise jouent un rôle important,
cette étude confirme que la fragilité est d’autant plus importante que l’entreprise est jeune et de petite taille, les deux éléments allant d’ailleurs souvent de pair. 
L’appartenance à un groupe de sociétés tempère fortement les effets de ces deux marqueurs fondamentaux. Les baisses de chiffre d’affaires conduisent souvent l’entreprise au dépôt de bilan, surtout lorsqu’elles s’accompagnent d’un alourdissement de la dette commerciale. Ce diptyque caractérise aussi bien le début que la fin de la décennie et peut donc être considéré comme un facteur clef de la vulnérabilité des entreprises.
Cette étude permet désormais d’identifier les principales causes de la défaillance des entreprises : c’est un atout majeur pour aider les chefs d’entreprises à mieux réussir et rebondir dans leur projet. "

La défaillance du point de vue économique :
Au cours des années 2000, l’échec des entreprises françaises est d’abord celui des PME industrielles. Le taux d’entrée en procédure collective à trois ans reste stable sur la décennie mais le dépôt de bilan est surtout le fait des plus petites entreprises.
Cette étude met en avant le fait qu’à l’origine d’une disparition d’entreprise, il y a toujours un échec du modèle économique, une baisse de l’activité et une détérioration de la rentabilité.
Leur ampleur, le contexte dans lequel ces causes se produisent et les caractéristiques individuelles des entreprises qui les subissent déterminent en revanche le choix retenu pour organiser leur sortie.
Entre 2000 et 2010, la sortie du marché des entreprises illustre bien les mutations de l’appareil productif français. L’analyse comparative montre tout particulièrement les mouvements de tertiarisation, la montée en puissance des groupes et la croissance du nombre de très petites entreprises.
La défaillance des entreprises est un souci récurrent des gouvernements. Depuis longtemps le législateur se préoccupe d’organiser la sortie des entreprises pour en contrôler les effets délétères sur l’activité économique. "
Source : Communiqué de Presse OSEO
EN SAVOIR PLUS :
Regards sur les PME n°21 est édité par OSEO. 148 pages, ISSN 1761-1741 
En diffusion à la documentation française, 19 euros
Une synthèse de l’étude est en ligne sur http://www.oseo.fr/