4 juil. 2011

L'argent fait-il le bonheur ? - Alternatives Economiques

Dans son  N° 304 de juillet/Août la revue Alternatives Economiques consacre sa rubrique le Tour de la question à " l'Argent fait-il le bonheur" ?
L'OCDE a mis au point l'indice "mieux vivre" comme alternative au PIB. Une initiative qui illustre la difficulté de l'exercice...

CE QUE L'ON PEUT EN RETENIR  :
"Le produit Intérieur brut (PIB) n'a qu'à bien se tenir : il a un nouveau concurrent : l'indice "mieux vivre", mis en place fin mai par l'OCDE, le club des pays riches.
Cet indicateur qui regroupe 19 variables, est destiné à mesurer le bien-être des habitants des 34 pays développés, membres de l'OCDE.
Le PIB qui mesure la somme des valeurs ajoutées produites en un an par l'économie d'un pays, est devenu l'indicateur phare sur lequel se focalise la grande majorité des décideurs politiques et économiques."
Mais le PIB  ne dit rien du bien-être individuel et collectif au sein d'une société.
Il est donc urgent de se doter d'autres lunettes pour apprécier ce qui compte vraiment...

Quels sont donc les pays où il fait bon vivre, selon l'OCDE ?
 " L'organisation a fait entrer dans son indice de nombreux indicateurs concernant le logement, l'emploi, la santé, la satisfaction vis-à-vis de la vie...
Mais l'OCDE ne s'est pas mouillée : le site Internet dédié à l'indicateur "mieux vivre" (www.oecdbetterlifeindex.org) propose en effet aux internautes de pondérer à leur guise les dimensions qui leur semblent les plus importantes. 
Si on donne un poids équivalent aux onze catégories proposées, le résultat peut paraître surprenant : les pays anglo-saxons font en effet jeu égal avec les pays nordiques en tête de classement.
Ce sont l'Australie, le Canada et la Suède qui tiennent le haut du pavé, tandis que les Etats-Unis arrivent en 7ème position et la France est tout juste dans la moyenne (18ème sur 34)...
Ce classement reste en effet assez fortement corrélé au PIB par habitant. 
Ce résultat est surtout le reflet des insuffisances de l'indicateur de l'OCDE. 
Celui-ci reste très incomplet : il n'intègre aucune variable sur les inégalités, la pauvreté, la précarité ou encore sur le degré de protection sociale... 
Quant à l'environnement, la seule variable considérée est la qualité de l'air dans les grandes villes... 
Malgré ses limites, l'indicateur de l'OCDE a le mérite de nourrir le débat sur la mesure de la richesse. "
 cliquez sur l'image pour l'agrandir
 Le bien-être selon l'OCDE
" De nouveaux indicateurs sont d'ailleurs régulièrement proposés pour détrôner le PIB depuis la création de l'IDH, l'Indice de Développement Humain en 1990. 
Celui-ci classe les pays en fonction de leur PIB par habitant, de leur espérance de vie à la naissance et de leur niveau d'instruction... et il n'est pas exempt de critiques...
C'est l'ambivalence de tous les indicateurs synthétiques : ils ont l'avantage d'être parlant car plus lisibles qu'une batterie de statistiques, mais ils sont forcément moins exhaustifs et le choix des données qui les composent est toujours le reflet de choix subjectifs et critiquables...
Il faut que les citoyens s'approprient ce débat, car au final, l'enjeu est bien d'orienter les politiques publiques " ...
Source : Alternatives Economiques

EN SAVOIR PLUS :
A propos de l'Indice "vivre mieux" :
" Baptisé votre indice « Vivre mieux » (voir la vidéo, en anglais), cet outil fait partie intégrante de l’Initiative "Vivre mieux" de l’OCDE qui vise à mesurer le bien-être et le progrès. L’indice permet aux citoyens de comparer leur bien-être au sein de 34 pays sur la base de 11 dimensions - logement; revenu; travail; communauté; éducation; environnement; gouvernance; santé; bien-être subjectif; sécurité; et conciliation travail et vie privée - en leur offrant la possibilité d'accorder un poids variable à chacune de ces dimensions. "
A propos de l'IDH (Indice de Développement Humain) :
" L'I.D.H. est calculé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (P.N.U.D.). Il se présente comme un nombre sans unité compris entre 0 et 1. Plus l'I.D.H. se rapproche de 1, plus le niveau de développement du pays est élevé. Le calcul de l'I.D.H. permet l'établissement d'un classement annuel des pays.
L'I.D.H., s'il est sans doute un meilleur indicateur du niveau de développement d'un pays que le P.I.B. par habitant, n'est cependant pas exempt de faiblesses, en particulier parce qu'il inclut celui-ci et on sait que la mesure du P.I.B. pose de nombreux problèmes. D'autre part, il faudrait sans doute prendre en compte davantage de critères qualitatifs, en particulier en ce qui concerne les inégalités. "