20 juin 2011

L’ADEME Alsace présente les résultats de son étude d’évaluation du PDE en Alsace

Le Plan de Déplacements Entreprise (PDE) est un ensemble de mesures visant à optimiser les déplacements liés aux activités professionnelles en favorisant l’usage des modes de transport alternatifs à la voiture individuelle.
Il concerne les trajets domicile / travail mais aussi les déplacements professionnels des collaborateurs, des clients et des partenaires.

L’ADEME Alsace a effectué à l’automne 2010 un recensement des démarches de mobilité engagées en Alsace par les entreprises et les collectivités.
Il s’agissait non seulement d’approfondir la connaissance et le suivi des démarches engagées sur le territoire alsacien, mais aussi de valoriser les expériences qui fonctionnent et d’identifier les axes à fort potentiel dans la région.

Rappel sur la démarche PDE et ses avantages :
La mise en œuvre d’un Plan de Déplacements Entreprise est encouragée par les autorités publiques car il présente de nombreux avantages pour les entreprises, les salariés et la collectivité.
Le PDE est un vrai projet d’entreprise, qui peut s’inscrire dans une démarche « Qualité » ou dans un système de management environnemental.

Voici en guise d’exemple quelques mesures pouvant figurer dans un PDE :
La promotion du vélo : mise en place d’un stationnement sécurisé, diffusion d’un « kit vélo », mise à disposition d’un local vélo proposant quelques outils et services ainsi que des douches pour les cyclistes,
L’amélioration de l’accès des bâtiments par les piétons, entrées plus directe,
L’encouragement à l’utilisation des transports publics : adaptation, en partenariat avec les opérateurs de transport, de l’offre existante en termes de dessertes et de fréquences, participation financière aux abonnements, création d’une navette d’entreprise pour quelques destinations très fréquentées, L’aménagement des horaires de travail : répartition des heures d’arrivée et de départ des salariés en fonction de leurs souhaits et des besoins de l’entreprise,
L’accompagnement et l’encouragement à habiter à proximité du lieu de travail ou sur le réseau de transports en commun,
La garantie du retour à domicile pour les circonstances exceptionnelles pour les « alternatifs » : chèques taxi, utilisation de voitures de services,
La mise en place d’un service d’autopartage permettant de mieux gérer les déplacements professionnels et pouvant offrir un service de mobilité ponctuel complémentaire hors horaires de travail.
L’incitation au covoiturage : développement d’un service de mise en relation, instauration de places réservées aux « covoitureurs », création d’un service de dépannage en cas d’indisponibilité exceptionnelle d’un conducteur.

BENEFICES :
La mise en œuvre d’un PDE répond à une logique de développement durable puisque les bénéfices sont à la fois d’ordre économique, social et environnemental :
Bénéfices d’ordre économique : car le PDE permet à l’entreprise de diminuer les coûts imputés aux transports et d’optimiser son fonctionnement à travers ses déplacements, donc d’augmenter sa productivité. Une telle démarche, responsable et citoyenne, est également un « plus » en termes d’image.
Bénéfices d’ordre social : car le PDE entraîne une diminution des frais de déplacement domicile/travail des salariés et améliore leurs conditions de travail et de transport (moins de stress et de perte de temps, plus de confort). Le PDE est aussi un outil de dialogue social dans l’entreprise.
Bénéfices d’ordre environnemental : car le PDE, en favorisant les solutions alternatives à la voiture individuelle et en maîtrisant les déplacements permet de limiter les nuisances correspondantes (pollution atmosphérique, bruit…), de réduire la demande énergétique et de récupérer des espaces publics notamment en diminuant le stationnement sur la voie publique.

LES RESULTATS DE L'ETUDE :

L’étude a été réalisée pour l’ADEME Alsace par les cabinets Alternative Carbone, conseil en stratégie carbone et développement durable et Roland Ribi & Associés, ingénieurs-conseils en transports et déplacements.
La Méthode : Un questionnaire en ligne a été envoyé par mailing à près de 500 contacts, abordant des points comme la démarche de mobilité, son ancienneté, son niveau d’avancement, les motivations de la structure, les indicateurs mis en place, les facteurs de réussite, les écueils à éviter, etc.  
89 organismes ont répondu à l’ensemble du questionnaire, permettant l’évaluation ci-après.

D’une façon générale, l’étude montre que les démarches de mobilité sont encore peu présentes en Alsace, malgré les problématiques récurrentes de congestion automobile et pollution locale. L’engagement des structures alsaciennes est encore timide mais concerne toutefois des établissements de taille importante, concernant de fait beaucoup de salariés.

Pour les structures déjà bien engagées dans la démarche, des actions intéressantes et particulièrement efficaces en matière de report modal ont pu être observées. D’autres permettent de limiter les émissions de gaz à effet de serre, comme l’éco-conduite ou le report vers des véhicules plus sobres.

Quelles structures s’intéressent aux PDE en Alsace ?

La grande majorité des structures qui se disent engagées ou en réflexion sur les PDE sont des entreprises privées, à 63%. La démarche s’avère récente pour la majorité d’entre elles, moins de 2 ans.

Quelles sont les motivations de ces structures ?
Les motivations les plus souvent citées par les structures pour la mise en place d’un PDE sont :
Sociales : on parle de sécurité routière, de volonté de prendre en charge les frais d’abonnement des transports en commun des salariés, d’attractivité de l’entreprise pour les recrutements, de politique de bien-être au travail…
Stratégiques : on cite la diminution des émissions de gaz à effet de serre, une démarche de type ISO 14001, Bilan carbone, Agenda 21, PDU ou Plan Climat, la pression des clients, la communication et l’image de l’organisme…
Economiques : on évoque le manque de places de stationnement, la congestion du trafic, le besoin de s’étendre géographiquement, le coût des places de stationnement…

Pour qui s’engagent-elles dans une réflexion PDE ?
L’ensemble des structures ayant répondu à l’enquête ont engagé une réflexion sur les déplacements domicile-travail. Très peu, en revanche, citent les déplacements de clients, fournisseurs ou visiteurs comme cibles de leurs actions.

Quels sont les domaines d’actions les plus cités ? 
Presque tous les organismes travaillent sur les transports en commun et le vélo. Cela s’explique par le fait que la plupart sont situés en milieu urbain et privilégient donc les modes doux disponibles facilement.

Qui pilote le PDE au sein de la structure ?
Sur les 46 structures déjà engagées dans une démarche de mobilité, 23 ont mis en place un comité de pilotage et 19 ont défini des indicateurs et objectifs associés. Mais seules 15 d’entre elles déclarent évaluer régulièrement l’efficacité de leurs actions.
Par ailleurs, la notion de coût est encore assez vague, puisque les 2/3 des répondants n’ont pas de notion du budget à consacrer.

PERSPECTIVES ET ORIENTATIONS :
L’enquête d’évaluation menée en Alsace a permis de dégager 4 principales conditions de réussite à la mise en place de PDE dans un organisme :

1. La motivation et l’engagement :
L’implication de la Direction, voire sa réelle exemplarité, sont primordiale pour une mise en place fructueuse d’un PDE. Les expériences montrent par ailleurs qu’une approche participative et transparente offrira les meilleures garanties de succès.

L’étude souligne également qu’une réflexion sur la mobilité sera d’autant plus légitime qu’elle répond à une véritable problématique :
Un problème de stationnement ou de congestion aux abords du site ;
Un déménagement ou le manque de place pour étendre son site ;
Améliorer l’image de l’entreprise (auprès des riverains en cas de circulation importante) ;
Augmenter l’attractivité de l’entreprise pour embaucher de nouveaux collaborateurs (cas notamment de jeunes recrues, non équipées en véhicule personnel) ;
Fédérer les salariés autour d’un projet d’entreprise, notamment en cas de climat social tendu.
L’engagement et la motivation sont d’autant plus importants pour une démarche collective comme les Plan de Déplacements Inter-Entreprises (PDIE). En effet, chacun des acteurs engagés répond à des logiques différentes, en fonction de ses propres problématiques internes.
Il convient donc, pour chaque entreprise engagée, de bien identifier ses enjeux, sa motivation et ses priorités, afin de les partager avec ses partenaires du PDIE.

2. Le pilotage :

L’expérience montre que la motivation et l’enthousiasme du chef de projet conditionnent fortement la réussite du PDE. Un chef de projet venant tous les jours en voiture par exemple ne sera pas légitime auprès de ses collègues. Par contre, s’il est convaincu et exemplaire, il aura tous les atouts et la légitimité pour convaincre sa Direction, ses collègues et faire avancer le plan d’actions.
Par ailleurs, un chef de projet PDE étant rarement détaché à 100%, il convient d’être vigilant aux moyens qui lui sont alloués : temps, ressources internes et externes.
Concernant les démarches inter-entreprises, il est fortement conseillé que la démarche soit portée par le gestionnaire de la zone ou un groupement d’employeurs représentatif, motivé et doté de moyens humains, financiers et politiques.
Avant même de se lancer dans l’élaboration du PDIE, il est donc impératif de réunir le dur des acteurs.

3. Le suivi par indicateurs :
Comme dans tous projets, la motivation s’entretient par l’atteinte des objectifs que l’on se fixe. Or, qui dit « objectifs » dit « indicateurs de suivi ».
C’est en amont du projet, lors de la construction des actions à mettre en œuvre, que les indicateurs se définissent.
De même, l’objectif à atteindre, l’outil pour suivre l’évolution de l’indicateur et le mode de reporting aux salariés doivent être définis le plus en amont possible. Car une communication régulière de l’évolution des indicateurs maintient la motivation.
Par ailleurs, même si l’objectif avoué est rarement la limitation des émissions de gaz à effet de serre, l’organisme a tout intérêt à mesurer, si cela est possible, l’impact environnemental de sa démarche. Tout d’abord parce que c’est une source de motivation et un projet fédérateur pour ses salariés, ensuite parce qu’identifier les leviers lui permettant de réduire sa dépendance aux énergies fossiles relève aujourd’hui des enjeux stratégiques d’une structure, quels que soient sa taille et son métier.

4. L’accompagnement et la communication :
La perception de la valeur ajoutée d’un PDE pour les salariés est l’une des clés de la réussite de la démarche. En effet, il ne suffit pas que les actions apportent un plus, encore faut-il le démontrer.
Par ailleurs, pour que les actions correspondent aux besoins des salariés, la concertation est un vrai plus. En effet, elle permet non seulement à chacun de faire remonter ses attentes, mais en plus de prendre la mesure d’enjeux plus larges, pour finalement se mettre d’accord sur des solutions qui conviennent au plus grand nombre.

Les PDE relèvent avant tout de changements de comportements, qu’il convient d’encourager régulièrement. Des événementiels – challenges, semaines tests…–, accompagnés d’actions de communication régulière permettent de maintenir un niveau d’écoute acceptable tout en permettant de « tester sans s’engager ». 
Source : Communique ADEME
EN SAVOIR PLUS : 
Un Rapport des cabinets Alternative Carbone et Roland Ribi & Associés : «Evaluation des PDE en région Alsace : facteurs de succès, freins, impact environnemental ». Mars 2011 - 8 fiches actions - Les indicateurs de suivi, sont téléchargeables à l’adresse suivante :
http://www.ademe.fr/alsace/