2 juin 2011

La Foire Eco-Bio d'Alsace, un succès d'estime ou une vraie réflexion sur la solidarité et l'engagement ?

Au jour de son ouverture, je me suis posé la question de ce qui faisait le succès,  chaque année renouvelé,   de la Foire Eco-Bio d'Alsace,  qui vit du 2 juin au 6 juin,  sa 30ème édition au Parc-Expo de Colmar
La Foire Eco-Bio d'Alsace est avant  le résultat de la démarche de réflexion d'une équipe de bénévoles au sein de l'Association  Eco Bio Alsace engagés sur un vrai questionnement de projet d'avenir plus responsable, plus solidaire, hors  des clichés  simplificateurs et réducteurs sur l'écologie ou les phénomènes de mode liés à la  "vague écolo." 
J'ai puisé quelques éléments de réponse dans le dossier presse qu'ils m'ont  gentiment fait suivre à Alsagora,  et j'en ai tiré cette conclusion : qu'on poussera  encore cette année, les portes de cette 30 ème édition de la Foire Eco-Bio d'Alsace car qu'on sait que c'est  aussi un lieu et un moment  privilégié de cette année 2011, pour trouver du sens à ses questionnements d'avenir.

 

LE THEME DE LA 30EME FOIRE ECO-BIO D'ALSACE :
L’écologie, une idée qui fait son chemin.
"L’écologie a le vent en poupe et devient enfin un enjeu majeur pour notre société, 30 ans après notre 1ère Foire : nous ne pouvons que nous en réjouir !
Mais ne soyons pas naïfs, des transformations, des métamorphoses sont encore nécessaires et la “vague écolo” ne peut se réduire à des mots ou des messages publicitaires sur des marchandises repeintes en vert : un produit d’entretien avec une étiquette verte, et tout le monde est rassuré ! Deux ou trois mots porteurs dans un discours politique et le tour est joué !
Nous ne pouvons pas nous contenter de ces messages masquant une trop grande dépendance de l’être humain à la marchandisation, tout en surfant sur la sensibilité de chacun à son environnement, nous poussant vers toujours plus d’individualisme au détriment de la dimension collective. On nous vend que le bonheur s’achète, alors qu’il se vit.
Aujourd’hui des signaux peuvent nous alerter et doivent nous préoccuper : pollution des sols, réchauffement climatique, inégalités croissantes entre les peuples, entre hommes et femmes d’un même pays, préoccupations sur notre santé et celle de nos enfants, l’avenir…
L’écologie de l’avenir doit être solidaire !
L’écologie, littéralement “science de la maison”, est fondée sur les relations des vivants entre eux et avec leurs milieux. Les relations ! N’est-ce-pas justement là le nouveau chemin à explorer : moins de biens, plus de liens.
Revivre le mot solidarité dans sa dimension de lien d’engagement et de synergie entre nous pour une communauté de destins : au sein d’un quartier, d’un village, d’une entreprise, d’une nation, d’une planète…
Donner du sens à notre relation à la nature, à notre environnement social, à nous-mêmes…
Notre rapport à la nature ne peut se réduire à des ressources naturelles à exploiter ou à des ennemis à éliminer (microbes, mauvaises herbes, animaux nuisibles). Des éléments naturels tels que l’eau, les semences… ne peuvent devenir la propriété de quelques uns pour leur propre profit. Cette nature doit être protégée et demeurer la propriété de tous à destination de chacun selon ses besoins sans une financiarisation systématique. 
La nature n’est ni amie ni ennemie. Elle est un tout dont chaque être vivant fait partie, avec ses besoins et ses attentes propres. Elle ne doit pas être façonnée et mise au service de quelques décideurs.
Une vie est à repenser, à retrouver : passer de la dimension de concurrence à une dimension de complémentarité.
De nouvelles formes de relations apparaissent donnant du sens à notre vie ensemble en évitant la peur de l’autre.
Co-construire notre avenir plutôt que de le conquérir individuellement en trouvant des réponses ensemble pour limiter le stress, l’angoisse, l’exclusion qui engendrent la violence. Qui a la légitimité pour décider que certains peuvent avoir plus, et tant d’autres disposer de moins ?
Chacun a sa place et son importance dans la société.
C’est sur ces valeurs porteuses de changement, de transformation que La foire Eco-Bio d'Alsace propose  aux visiteurs : des conférences, des ateliers, des séances de cinéma, des rencontres d’hommes et de femmes qui proposeront ce qu’ils produisent. c'est que qui en fait son succès

AVANT TOUT, UN ENGAGEMENT RESPONSABLE : LA CHARTE D'AYTRE

""À l’heure où le bio devient incontournable, où les événements écobios se multiplient, la Foire Éco-Bio
d’Alsace se veut être le rendez-vous des alternatives écologiques en Alsace avec une Foire qui reste fidèle à son esprit et ses engagements initiaux.

Pour se préserver des dérives liées à la mode et au marketing autour du bio “Aujourd’hui tout est bio…’’ les Foires pionnières ont décidé d’élaborer en 2006 un document de référence pour l’organisation d’un événement bio, un texte qui puisse servir de guide dans cette nouvelle jungle : La charte d’Aytré :
Une charte éthique des Foires et salons écologiques, biologiques et alternatifs :
La Foire Éco-Bio d’Alsace est l’un des six signataires de la Charte d’Aytré. Cette charte est née de la volonté de quelques salons et Foires de se retrouver et de communiquer autour de lignes directrices et de buts communs qui les animent, chacun à sa manière, avec ses spécificités locales et historiques et d’un désir commun de se doter d’un texte fédérateur mettant noir sur blanc les axes de travail et les réflexions menés par chacun.
Les signataires ont également la volonté de constituer un réseau d’échange et de solidarité, tout en se donnant une visibilité dans la multitude des manifestations écologiques existantes. Lors de la rédaction de la charte, deux maîtres mots ont servi de fil conducteur : cohérence et respect :
Cohérence des idées et des pratiques ainsi que des actions et des démarches de tous les acteurs.
Respect de l’environnement, de la planète, du public, des intervenants, des autres Foires et salons, des travailleurs  ".
Source  : Dossier Presse de la 30ème Foire Eco-Bio d'Alsace

LE TEXTE DE LA CHARTE D'AYTRE :
1. Cette charte regroupe les foires et salons (et non l’organisateur, même si la cohérence voudrait que toutes les manifestations d’un organisateur soient empreintes de cette même approche) qui s’engagent à présenter les alternatives militantes, cohérentes et solidaires à la société actuelle, dans un cadre convivial.
2. La manifestation, et ses animations, doivent dépasser la simple fonction marchande pour être un lieu d’échanges et d’informations.
3. Les signataires de cette charte s’engagent dans leur organisation :
a)- à tendre aux économies d’énergie et de matières (utilisation de lampes économes, de WC secs, de vaisselle réutilisable, limitation de la moquette, tri des déchets…).
b)- à privilégier l’utilisation des éco-produits (papier recyclé, sacs réutilisables sans matière plastique, produits d’entretien…) et des éco-labels (Imprim’vert…).
c)- à être à l’écoute des exposants et des visiteurs.
d)- à se concerter et être en bonne intelligence (calendrier, thème, lieu géographique…) avec les foires et salons déjà existants.
e)- à faire respecter les lois en vigueur sur les manifestations publiques (lieu non-fumeur, garanties sociales, affichage des prix, des labels et mentions…).
4. Les signataires de cette charte veillent à ce que :
a)- les participants de ces manifestations (exposants, conférenciers, animateurs…) ne soient pas, de notoriété publique, xénophobe, raciste, violent, pro-OGM, pro-nucléaire, sectaire, mercantile ou opportuniste… et qu’ils s’engagent à respecter les droits sociaux établis.
b)- la sélection des exposants et le choix des conférenciers et animateurs soient fondés sur leur cohérence globale, leurs démarches écologique et sociale et dans le respect d’autrui.
c)- cette sélection tende à privilégier les exposants de proximité, les producteurs, les circuits courts, les meilleurs écobilans, les options en amont des problèmes (en opposition aux solutions à ce problème), et qu’elle reste très vigilante quant aux “délocalisations” pratiquées.
d)- les exposants tiennent leur stand dans le souci des autres exposants et des visiteurs (éviter les pollutions sonore et visuelle, le débordement du stand, l’encombrement des allées, respecter les horaires, s’interdire toute forme de racolage et la distribution systématique…).
e)- pour les produits issus du monde végétal et animal, de l’alimentaire et de ses dérivés -y compris les ingrédients utilisés pour la restauration sur place-, et d’une manière générale, tous les produits d’origine organique devront être, si cette certification existe, certifiés conformes à la réglementation européenne biologique (label AB pour la France) ou respecter les cahiers des charges bio reconnus, indépendants et contrôlés des marques privées.
f)- dans le domaine de la santé, les exposants ne pratiquent, sur le salon, ni d’acte médical ou paramédical ni de bilan de santé.
g)- dans les autres secteurs (habillement, habitat…) la préférence aille à des produits certifiés.
h)- les animations jeunesse proposent des activités et jeux à vocation écologique,  pédagogique, environnementale, non-violente et/ou citoyenne.
5. Les signataires de la présente charte participent au réseau inter-salons d’échange de pratiques et d’informations.
6. Les adhésions à cette charte se font par approbation unanime des signataires d’origine après présentation par deux parrains déjà signataires.
Un renouvellement d’adhésion est nécessaire pour toute nouveauté importante dans l’organisation, le fonctionnement, l’orientation ou la sélection.
Le départ se fait sur simple demande.
7. Ne peuvent se revendiquer de cette charte que les foires et salons éco-bio et alternatifs qui l’ont dûment signée. Elle est évolutive et mise à la disposition du public par ses adhérents signataires.

En 2006,  La Foire Eco-bio d’Alsace (Colmar)  faisait partie des 6 premiers premiers signataires de la Charte d'Aytré, avec Asphodèle (Pau), Biocybèle (Gaillac), Biozone (Mur de Bretagne), Prairial (Aytré), Primevère (Lyon). Source : Dossier presse- Foire Eco-Bio d'Alsace

EN SAVOIR PLUS :
Le site de la Foire Eco-Bio d'Alsace
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