31 mai 2011

Alsace : Quelle dynamique régionale pour l'Economie Sociale et Solidaire ?

Sous l'égide de l'Observatoire Régional de l'Economie Sociale et Solidaire, vendredi 27 mai au Pôle d'économie et de Gestion de l'EM Strasbourg, était organisée une journée d'étude sur le thème de "l'innovation sociale à partir des quartiers  de la Politique de la Ville : quelle dynamique régionale" ?

"L'innovation sociale est reconnue aujourd'hui comme un facteur important dans la recherche de nouvelles réponses aux grands enjeux actuels : environnement, vieillissement de la population, santé...
Les acteurs de l'ESS sont souvent à l'origine de ces innovations.
La Chambre Régionale de l'Economie Sociale (CRES) travaille à l'élaboration de critères d'innovation sociale et cherche à identifier les conditions favorables à son développement, les freins ou difficultés qu'elle peut rencontrer sur les territoires financés par la Politique de la Ville. Ce travail a notamment pour visée d'apporter une contribution à une reconnaissance de l'innovation sociale comme une innovation à part entière, d'apporter des éléments concrets s'inscrivant dans les réflexion qui sont en cours aussi bien au niveau européen que local. "
C'est dans ce cadre que s'inscrivait le 27 mai dernier cette journée d'étude ouverte aux acteurs régionaux  de l'Economie Sociale et Solidaire.



AU PROGRAMME DE CETTE JOURNEE :


Fréderic DECK, Président de la CRES ALSACE a présenté l'action de la CRES Alsace.
Pierre ROTH, délégué régional de la CRES ALSACE a précisé le déroulement de la journée et présenté les différents intervenants présents.

Francis KERN,du laboratoire en économie Béta / Observatoire de l'ESS à propos de Pourquoi s'intéresser à l'innovation sociale aujourd'hui ? Il a présenté le cadre théorique de l'innovation en s'appuyant sur les travaux de Schumpeter et en particulier sur la notion d'entrepreneur, au sens de créateur d'innovation, quelle soit technologique, organisationnelle, mais aussi sociale.

Eve KAYSER, chargée de mission de la CRES ALSACE sur la co-construction de critères d'innovation sociale  a dressé un point d'étape de l'étude menée par la CRES, sur la base d'initiatives repérées dans les quartiers de la Politique de la Ville. Elle a présenté plusieurs expériences concrètes d'innovations sociales mises en place par les acteurs de l'économie sociale et solidaire.

La démarche d'innovation sociale en Languedoc-Roussillon : un dialogue entre Pierre ROTH, Muriel NIVERT-BOUDOU, déléguée générale de la CRES Languedoc-Rousillon et Fatima BELLAREDJ, coordinatrice Alter-Incub, UR SCOP Languedoc (Historique, développement, outils et un Focus sur l'incubateur et sur les critères de sélection des projets).
Crée en 2007, Alter'Incub accompagne les porteurs de projets d'entreprises sociales en facilitant le lien entre la recherche (organismes de recherche en science humaines et sociales) et les besoins d'intérêt collectif identifiés dans les territoires ou par les filières. 
En mobilisant l'expérience des acteurs territoriaux et les ressources universitaires et de recherche, l'incubateur favorise l'émergence et la création de projets d'entreprise innovants, créateurs d'emploi, de richesses économiques et de richesses sociales notamment par:  un appui individualisé aux créateurs d'entreprises sociales innovantes, une prise en compte des besoins nouveaux identifiés par les territoires et la valorisation du savoir-faire des experts en sciences humaine s et sociales


Les Fabriques à initiatives : l'innovation sociale en réponse à des besoins de territoires : dialogue entre Pierre ROTH et Jérémy BREMAUD, responsable de la Fabrique à Initiative Aquitaine (ATIS) : présentation des Fabriques à Initiative et de leur mode de développement selon les régions. Focus sur la fabrique Aquitaine et son action en Zone urbaine Sensible.

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Source : Le site de l'Avise

"La Fabrique à initiatives a été pensée par l’AVISE  pour faire émerger et développer des entreprises viables et pérennes, en mettant en relation sur un territoire, l’ensemble des ressources et outils pouvant être mobilisés pour concrétiser un projet d’entreprise sociale.
A l’origine, un constat : ce sont souvent les acteurs des territoires (acteurs associatifs et de l’économie sociale et solidaire, représentants des collectivités locales, acteurs économiques, services déconcentrés) qui identifient des besoins socio-économiques, des opportunités de marchés ou des services nouveaux à initier.
Or, très souvent, ces opportunités se révèlent être des “occasions manquées”, qui ne réussissent pas à s’incarner dans des entreprises sociales viables et pérennes, faute d’un relais opérationnel dédié.
Une mobilisation permanente
La Fabrique à initiatives anime donc, de manière permanente, une démarche de sensibilisation et de communication vers les territoires pour identifier les besoins, capter et faire remonter les opportunités de marchés ou d’activités pouvant générer la création d’une entreprise sociale.
Elle structure et anime un réseau de “capteur d’idées”, et organise la rencontre avec les porteurs de projet et l’ensemble des acteurs de l’accompagnement : réseaux de la création d’entreprise, financeurs, collectivités, réseau de l’économie sociale et solidaire.
Au coeur d’un vivier d’acteurs
L’Avise est l’organisation porteuse du concept et de son expérimentation et elle rassemble autour de ce projet des acteurs investis comme les CRES, Fonds territoriaux de France Active, DLA, Fonds de confiance, Directions régionales des Caisses des Dépôts, Collectivités territoriales, réseaux de l’IAE et de l’économie sociale, le Réseau Entreprendre…
En 2008, cinq territoires d’expérimentation ont été identifiés : Aquitaine, Haute-Normandie, Ile-de- France, Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes. Un partenariat national a été formalisé autour du concept de Fabrique à Initiatives avec la Caisse des Dépôts, la Fondation Macif et le Réseau Entreprendre. " 
Source : le site de l'Avise

Mulhouse territoire de co-responsabilité : une démarche pour l'innovation sociale : Poursuite du dialogue avec Sébastien HOUSSIN, Ville de Mulhouse : Présentation de la démarche de Mulhouse et de la manière dont la Ville favorise l'innovation sociale sur le territoire, notamment dans les quartiers de la Politique de la Ville
"Cette approche innovante de « territoire de co-responsabilité » proposée par le Conseil de l’Europe dans le cadre de sa  stratégie de cohésion sociale propose de partir du bien-être et du progrès défini par les citoyens eux-mêmes pour repenser l’organisation de notre territoire à partir des besoins réels identifiés dans une démarche de concertation.
Cette approche donne lieu notamment à l’élaboration concertée d’indicateurs de bien-être et de progrès.
Cette approche innovante de territoire de coresponsabilité incite à faire le lien entre citoyenneté, durabilité, solidarité et connaissance en partant de l’expression des citoyens.
On cherche ainsi à « développer la capacité de notre territoire à assurer le bien-être de tous, y compris celui des générations futures, par la coresponsabilité de tous les acteurs du territoire ».
La méthode :
Etape 1 : Définition du bien-être par les citoyens eux-mêmes ;
Etape 2 : Elaboration concertée des indicateurs de bien-être et de progrès ;
Etape 3 : Evaluation de la situation du territoire et des actions menées sur la base des indicateurs construits ;
Etape 4 : Elaboration et mise en oeuvre d’un plan d’action concerté dans un principe de coresponsabilité
Les résultats de cette démarche innovante sont très concluants et ouvrent des perspectives nouvelles. L’engagement de nouveaux territoires pilotes de co-responsabilité témoigne de cette dynamique.
Les perspectives sont multiple  pour l'élaboration et mise en oeuvre de nouvelles actions innovantes en vu de continuer à développer la capacité de notre territoire à assurer le bienêtre de tous, y compris celui des générations futures.
"


La conclusion revenait au grand témoin de cette journée d'étude, Emmanuel SOULIAS, directeur de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) du groupe MACIF.
"Au regard des expériences qui se sont exprimées aujourd'hui, chacun est porteur de diversité sur sa propre définition de  l'innovation sociale et c'est une richesse avant tout : l'innovation sociale, il ne faut pas que cela devienne une norme, un référentiel  "...
"Le débat concernant  la définition de ce qu'est une  structure de l'économie sociale et solidaire, reste ouvert entre les tenants des statuts juridiques actuels et  partisans de l'entrepreneuriat social au sens large... "
"Les grandes structures de l'ESS (mutuelles, banques...) à travers la RSE (responsabilité sociale et environnementale) doivent prendre conscience que leur ancrage territorial est nécessaire au développement des autres structures de l'ESS... "
"Beaucoup d'expériences de l'économie sociale et solidaire restent encore trop mal connues...  le discours sur les réussites en matière d'innovation sociale  est souvent récupéré par l'économie classique, et là, pour l'économie sociale et solidaire il y a un réel travail de visibilité à engager. "

PROSPECTIVE ?

"Si l'entrepreneuriat en économie sociale est une réalité aujourd'hui, c'est aussi et surtout dans une économie en perte de sens, une boussole et une promesse pour l'avenir.
Entreprendre autrement, penser autrement, l'économie et la société, c'est le cheval de bataille des acteurs de l'économie sociale.
Mais pour que l'idée et la réalité de cet  "entrepreneuriat de sens" progresse, pour changer d'échelle, il faut créer les conditions pour construire les outils qui rendront possible ce développement...
Pour aller plus loin dans ce changement d'échelle, des projets devront voir le jour sur les territoires car les besoins sont loin d'être couverts :
Pourquoi pas, par exemple, un fond de financement dédié au développement de l'entrepreneuriat social ." Source : REALIS