10 mars 2011

J'ai lu sur Alternatives Economiques - Les limites de l'Economie Sociale et Solidaire

Dans son N° 300 de mars 2011, la Revue Alternatives Economiques pose la question du devenir de l'ESS en tant que modèle alternatif transposable à  tous les secteurs économiques,   en titrant dans son dossier Actualité Economie : "Les limites de l'Economie Sociale et Solidaire"

CE QUE L'ON PEUT EN RETENIR  DE CE DOSSIER:
" Il serait temps que l' Economie Sociale et Solidaire (ESS) change d'échelle. 
Le leitmotiv revient dans toutes les réunions de responsables de ce secteur qui réunit coopératives, mutuelles, associations et structures qui se veulent à forte utilité sociale...
Un récent colloque organisé par le CEGES, l'organisation patronale de l'économie sociale, s'intitulait même "Economie sociale, les marchés à conquérir".
Dans le même esprit, le Labo de l'ESS, créé à l'initiative de Claude ALPHANDERY, vient de formuler 60 propositions pour développer l'économie sociale et solidaire...
Avec  pour objectif, comme le rappelle Edgar MORIN de " refouler progressivement et systématiquement l'aire économique déterminée par le seul profit"

 L'ALTERNATIVE SEDUIT :
"L'ESS a certainement vocation à s'étendre (elle est en phase avec une attente du monde politique, soucieux de retrouver de la légitimité en montrant sa capacité à agir dans le champ économique et social)...
Cet essor de l'ESS répond aussi à la demande sociale... Enfin du côté des consommateurs, un nombre croissant de personnes développent une vision critique de la consommation"...

UNE PRESENCE SECTORIELLE LIMITEE :
"L'ESS demeure cependant cantonnée à des secteurs très spécifiques : 72% de ses emplois sont concentrés dans l'action sociale, les activités financières et d'assurance, et dans une moindre mesure, dans l'enseignement et la santé.
 L'ESS s'est développée dans des secteurs où l'action publique et l'initiative privée n'ont pas répondu historiquement de manière satisfaisante aux besoins (action sociale)". Et dans les secteurs marchands où le pouvoir du nombre permettait de se substituer à celui du capital (banques coopératives et assureurs mutualistes).
L'entrepreneur individuel ou collectif qui porte un projet d'économie sociale et solidaire... cherche surtout à répondre à un besoin social, peu ou pas satisfait, sans objectif de rentabilité immédiate...
La croissance, entendue comme simple accumulation de richesses, n'est donc pas la préoccupation des entrepreneurs sociaux et solidaires...
Le fait même que les organisations de l'ESS poursuivent toutes un but particulier, et non une finalité générale (gagner de l'argent), limite donc mécaniquement leur propension à se diffuser dans l'ensemble de l'Economie...
A cela s'ajoutent d'autres difficultés : dès lors que ces organisations rassemblent des personnes qui poursuivent un autre but que de gagner de l'argent, toute croissance externe, comme toute internationalisation, pose rapidement problème...
Même si notre écconomie s'oriente dans un sens plus soutenable, comme on peut le souhaiter, même si l'ESS s'étend dans le secteur industriel via les Scop notamment, ce n'est pas demain qu'elle offrira une réponse alternative à l'offre émanant des entreprises capitalistes...

L'ESS va demeurer durablement présente surtout dans les services aux personnes au sens le plus large du terme, des activités qui ne peuvent que se développer si notre société devient demain plus soucieuse de réduire ses consommations matérielles et de privilégier le bien-être de ses membres"... SOURCE : La Revue Alternatives Economiques - article de Philippe FREMEAUX.

EN SAVOIR PLUS :
Quelques ressources pour compléter  son information  sur l'ESS :
Le Guide de l'AVISE " devenir entrepreneur social