7 févr. 2011

Lu sur Alternatives Economiques : 7 Menaces sur la Reprise

Dans son numéro de février 2011, la revue Alternatives Economiques consacre son dossier l'Evénement à 7 Menaces sur la Reprise
Pouvoir d'achat en berne, politiques publiques au régime, investissement qui ne repart pas, exportations qui font du surplace, emplois précaires, chômage qui ne baisse pas, pauvreté ; le moteur de la reprise connait de sérieux ratés. 

CE QUE L’ON PEUT RETENIR DE CET ARTICLE :

1. Le Pouvoir d'achat en berne :
"Si la récession a été moins sévère en France que dans la plupart des pays développés, c'est principalement grâce à la bonne tenue de la consommation des ménages... mais aussi en partie grâce à la baisse des prix en 2009 et la mise en oeuvre de mesures dans le cadre du Plan de relance.
La disparition de la prime à la casse, le premier janvier dernier va affecter les dépenses des français... mais surtout, les prix à la consommation sont repartis à la hausse. Cette inflation est en partie importée (flambée des prix de l'énergie notamment)...
En situation de surcapacités, les entreprises hexagonales jouent la carte de compétitivité-prix pour regagner des parts de marché... ( ce qui entraine une diminution des marges et de fortes pressions sur les salaires)... Pris en étau entre les prix à la pompe qui grimpent et des salaires à la diète, le pouvoir d'achat des ménages est doublement malmené.... Et les français vont devoir puiser dans leur épargne pour maintenir leur consommation".

2. Les politiques publiques au régime :
"La crise a fortement creusé le déficit public qui est passé de 3,3% en 2008 à 7,7% en 2010. 
Le gouvernement entend redresser la barre en ramenant le déficit public à 6% en 2011 et 3% en 2013.
Pour trouver de nouvelles recettes, les niches fiscales vont être réduites à hauteur de 9,5 milliards d'euros et d'autres taxes devraient permettre de dénicher 1,4 milliard d'euros supplémentaires, soit au total 0,5 point de PIB. Côté dépenses, le projet de loi de finance pour 2011 table sur une quasi-stagnation.
Un telle cure d'austérité  va être douloureuse d'un point de vue social ; elle est également risquée d'un point de vue économique (et cela  peut casser la reprise)".

3. L'investissement ne repart pas :
"Jusqu'ici la reprise s'est essentiellement appuyée sur la reconstitution des stocks des entreprises, après le déstockage massif qui s'était produit durant la crise... Mais l'Insee prévoit que la contribution de la variation des stocks à la croissance, deviendra nulle à partir du 2ème trimestre 2011... en on ne voit guère à cette échéance, quels pourraient être les relais de croissance."

4. Les exportations font du surplace :
"Le caractère nettement moins industriel et exportateur que celui de l'économie allemande, avait permis à l'économie française de limiter les dégâts liés à l'effondrement des échanges extérieurs en 2009...
Inversement, elle profite nettement moins de la reprise du contexte mondial (avec un commerce extérieur surtout tourné vers le reste de l'Europe, elle ne tire guère profit de la forte croissance des pays émergents).
En 2010, le commerce extérieur a déjà pesé négativement sur la croissance, les importations étant plus dynamiques que les exportations... et pour 2011, les perspectives ne sont guère encourageantes."

5. Surtout des emplois précaires :
"L'emploi est reparti à la hausse en 2010 (170 000 postes créés en 1an), mais cela ne compense pas les 229 000 emplois perdus en 2009...
La grande majorité  des emplois crées sont en majorité des emplois d'intérim. Au troisième trimestre 2010, 64% des intentions d'embauche concernaient des contrats de moins d'un mois contre 59% début 2008...
La qualité de l'emploi continue de se dégrader... et de plus la reprise s'essouffle et on observe déjà un net ralentissement des créations d'emplois.
Si le ralentissement s'accentue il est à redouter que ces employés précaires disparaissent aussi vite qu'ils sont apparus. A quoi sa'joutent les effets de la baisse des effectifs dans la fonction publique.
En 2011, les politiques publiques aggraveront sensiblement les tensions sur un marché du travail déjà fragile, au lieu de les réduire."

6. Le chômage ne baisse pas :
"Le taux de chômage est passé de 7,1% en France métropolitaine début 2008 , à 9,3% au troisième trimestre 2010.
Non seulement le chômage augmente, mais il dure aussi de plus en plus longtemps (le nombre de demandeurs d'emploi inscrits depuis un an et plus, a fait un bon de 52% entre novembre 2008 et novembre 2010).
Les jeunes sont les plus touchés (taux de chômage de 24,2% au troisième trimestre 2010) et les seniors ont également fait les frais de la crise ( le nombre des plus de 50 ans, inscrits à Pôle Emploi,  a augmenté de + 16% en un an). Enfin la crise a davantage touché les hommes que les femmes."

7. La pauvreté s'étend :
"7,8 millions de personnes vivaient déjà avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté (949 euros par mois) en 2008. Tour laisse à penser que leur nombre est nettement reparti à la hausse avec l'augmentation massive du chômage.
Compte tenu de la remontée de l'inflation et de la poursuite de la hausse du chômage, une forte extension de la pauvreté ne pose pas simplement problème en terme de justice sociale, elle pèse aussi sur le moral de l'ensemble des ménages ainsi que sur l'activité économique."