17 févr. 2011

Forte affluence au Salon Emploi des Seniors de Strasbourg

Pour la 2ème fois, le Salon Emploi des Seniors a ouvert ses portes ce matin au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg avec un objectif :
"proposer au "Plus de 45 ans", salariés ou chercheurs d'emploi, DRH et chefs d'entreprise de la Région Est, une journée efficace et productive,  pour rencontrer des sociétés qui recrutent, participer au Café Contact de l'Emploi, assister aux conférences, s'informer sur toutes les solutions alternatives et faire le point une année après l'application des directives concernant l'emploi des séniors".

QU'EN EST-IL REELLEMENT ?
Sur l'Expo,  une quinzaine de stands : AFPA - AGC Portage Salarial - AO France Coaching - Atrya (un des leader européen dans le domaine de la menuiserie) - Bitwiin.com (leader du recrutement de seniors actifs) -  Le Café Contact de l'Emploi (animé par Paul Landowki)   Le «Café Contact de l’Emploi» permet d’établir un premier contact entre les demandeurs d'emploi et des recruteurs  autour d’une tasse de café, des rencontres tenant lieu d’entretien préalable.-   Cadresenmission.com (Portage salarial) - Decathlon, Demathieu et Bard (Bâtiment et Travaux Publics) - Energetix (Energie et Bien-être) - Era Natura - Estim (Agence Immobilière) - Gan Patrimoine - IAD  France (Conseil en Immobilier) - Partylite (Fabrication et Vente bougie et acessoires de décoration en vente directe), Madame de Louvigny (épicerie haute gamme), Pôle Emploi, Projef (mise à disposition de personnel pour les Marques référencées en grandes surfaces de bricolage) - Quinqua67 (Association d'aide au seniors)...

Au vu des stands présents sur le salon, cette impression,  que la part belle est faite au statut d'auto-entrepreneur (beaucoup  d'entreprises proposant des  statuts de travailleur indépendant).

QUELQUES INSTANTANES DU SALON :


 L'EMPLOI DES SENIORS AU COEUR DES PREOCCUPATIONS EN ALSACE ?

Dans un article intitulé "Seniors :  le chômage s'étend" paru le 16 février 2011, les Dernières Nouvelles d'Alsace font un constat  du chômage des seniors en Alsace, des plus alarmant :
"Depuis quinze ans, jamais le chômage des seniors n’avait atteint une telle ampleur en Alsace : ils sont 21000 âgés de 50 ans et plus à être inscrits à Pôle emploi. Parmi eux, plus de 8000 n’ont aucune activité et beaucoup ne survivent que grâce aux minima sociaux.
Les effets de la crise s’estompent peu à peu, la dégradation de l’emploi est stoppée. Sauf pour les plus de 50 ans ! En l’espace d’un an, ils sont 30 % de plus à pointer au chômage, selon une enquête menée en Alsace par Pôle emploi l’été dernier.
Et le phénomène s’est encore accéléré, surtout pour les personnes de 58 et 59 pour qui la progression du chômage a été sur douze mois de respectivement 78 % et 67 %.
Pas de mystère pour Pôle emploi : « Les entreprises préfèrent généralement se séparer de leurs salariés seniors les plus proches de l’âge de la retraite plutôt que des 50-54 ans »…
« On marche à l’envers : déjà à 40 ans, l’accès à la formation continue est moindre »
Longtemps, il est vrai, les employeurs ont usé, voire abusé, de la fameuse dispense de recherche d’emploi, avec maintien des indemnités chômage, au-delà de 57 ans.
Or, cette disposition qui correspondait, peu ou prou, à une forme de pré-retraire a été abrogée par le gouvernement Fillon en 2008, avec extinction progressive des droits pour les anciens bénéficiaires.
Du coup, les chiffres s’envolent. Certes, les pouvoirs publics ont bien tenté de reprendre la main en contraignant les entreprises à négocier avec les syndicats pour passer des accords collectifs sur l’emploi des seniors, le tout assorti d’une sanction financière de 1 % de la masse salariale en cas de non-respect.
Mais dans les faits, il faut bien l’avouer, la mesure tient surtout du gadget de communication. Plus efficace devrait être, en revanche, la batterie d’aides et d’abattements de cotisations pour l’embauche d’un senior.
Depuis le 1 er janvier, par exemple, un employeur peut bénéficier pendant un an d’une aide correspondant à 14 % du salaire brut versé à un demandeur d’emploi d’au moins 55 ans qu’il embauche en CDD ou en CDI.
Cela étant, les réticences à recruter des quinquas ont du mal à disparaître. « On marche à l’envers, au-delà de 40 ans les gens bénéficient déjà de moins de formation continue que les autres, alors qu’ils sont en pleine force de l’âge, que c’est là qu’ils apportent le plus à l’entreprise », s’indigne Nicole Turbé-Suetens, expert européen. Usés après 50 ans ? « Trop d’employeurs, dit-elle, raisonnent encore selon des critères désuets, à partir d’images rétrogrades et fausses. Or le monde a changé ! »
Le gouvernement a bien créé un site spécialisé pour appeler à la « non-discrimination par l’âge » et à « la bonne gestion de la pyramides des âges au sein des entreprises ».
Mais rien n’y fait, les chiffres sont têtus : En Alsace, les licenciements économiques sont en proportion entre deux et trois fois plus fréquents chez les seniors que dans les autres catégories, indique encore l’étude de Pôle Emploi. Plus grave : Les chances de trouver un job s’avèrent faibles. De juillet 2009 à juillet 2010, le chômage dit de longue durée des seniors s’est envolé de 49 %. Et 40 % des cadres quinquagénaires inscrits à Pôle emploi sont sans emploi depuis plus d’un an.
À Wissembourg et Saint-Louis, les quinquas au chômage sont proportionnellement plus nombreux
Parmi toutes les catégories socio-professionnelles, ce sont d’ailleurs les cadres qui sont proportionnellement les plus touchés par le chômage, surtout lorsqu’ils étaient actifs dans l’industrie manufacturière, un secteur à l’origine de 40 % des nouvelles inscriptions sur les listes de l’ex-ANPE.
Sur le plan géographique, curieusement, le chômage des seniors est moins élevé dans les grands centres urbains comme Strasbourg ou Mulhouse : alors que les quinquas qu’ils représentent dans ces villes moins de 17 % des demandeurs d’emploi, ils sont 24 % dans le bassin de Wissembourg ou encore 21 % dans celui de Saint-Louis, deux zones frontalières.
À l’inverse, c’est dans les grandes agglomérations que les seniors restent le plus longtemps au chômage : plus de la moitié d’entre-eux n’a pas de travail depuis plus d’un an.
Le flux des quinquas chômeurs est aussi, depuis peu, alimenté par une cohorte de partants en « rupture conventionnelle », ce dispositif créé en 2008 pour permettre une séparation à l’amiable, non motivée, entre salarié et employeur. Dans la région, ils sont plus de 600 par mois à affluer vers le monde du chômage indemnisé.
« Sous couvert de volontariat , ce système est pervers, assure un syndicaliste strasbourgeois. Certains patrons se débarrassent ainsi de leurs salariés les plus âgés, c’est plus clean que de les pousser à la démission, ils toucheront les Assedics ».
Par consentement mutuel
D’ailleurs, au plan national où le cap des 500000 « ruptures par consentement mutuel » a été franchi, les syndicats demandent officiellement un meilleur encadrement du système pour éviter les dérives. Car avec le report de l’âge de la retraite à 62 ans, se retrouver sans travail à six ou huit ans de l’échéance peut se révéler un pari extrêmement dangereux.
Le bénéfice de l’allocation-chômage n’est, au maximum, que de trois ans. Après, c’est la disette, la descente vers les minima sociaux".  Source : Dernières Nouvelles d'Alsace