Crise : Ceux qui trinquent
Dans son Numéro d'avril 2010 la Revue Alternatives Economiques vient de publier dans son dossier "L'événement" un article de Laurent Jeanneau intitulé "Crise : ceux qui trinquent"
"La crise est une bombe à retardement qui n'a pas encore montré tous ses effets sur l'emploi et le niveau de vie des ménages."
CE QUE L'ON PEUT EN RETENIR :
"Le recul de l'emploi a poussé des centaines de milliers de personnes dans le chômage et entamé d'autant leurs revenus,
Ceux qui trinquent souffrent souvent d'un manque de visibilité. Particulièrement les salariés précaires... qui ont peu d'influence sur le débat public,
Quant aux jeunes, eux aussi sont particulièrement touchés par la crise... mais on risque de sous-estimer les épreuves qu'ils rencontrent actuellement.
Peu visibles, les perdants de la crise, le sont également dans les statistiques... c'est le cas de celles qui concernent la pauvreté notamment... et sans baromètre, les politiques publiques avancent à l'aveugle.
La crise est une bombe sociale à retardement :
- les répercutions d'une recession sur l'emploi se font toujours sentir avec un certain décalage,
- de même, il existe un délai ente l'augmentation du chômage et la hausse du nombre des bénéficiaires des minima sociaux... (RSA),
- sans nouvelles mesures de solidarité, c'est la cohésion de la société dans son ensemble qui va être encore plus ébranlée...
LA BOMBE SOCIALE :
"Depuis le début de la crise 600 000 emplois ont été détruits, principalement dans l'industrie... ces pertes ont eu un impact considérable sur le chômage : plus de 900 000 demandeurs d'emploi en 2 ans (le taux de chômage atteint les 10%),
Ceux qui trinquent le plus, sont ceux qui étaient déjà fragilisés avant la crise (les jeunes, les peu qualifiés, les précaires...),
Ce sont principalement les hommes qui ont fait les frais de la dégradation du marché du travail (entre janvier 2008 et décembre 2009, leur taux de chômage a bondi de 43% contre 23,5% pour les femmes),
Il faut s'attendre à un allongement progressif de la durée du chômage, au moins jusqu'en 2012,
Un million de chômeurs devraient perdre leurs indemnités en 2010... mais le Pôle Emploi évalue à 360 000 le nombre de ceux qui ne toucheront plus rien et dépendront de leur conjoint.,
La crise a aussi un impact sur le pouvoir d'achat, notamment celui des salariés mis au chômage partiel.. qui n'ont touché que 75% de leur salaire,
Le nombre de dossiers de surrendettement a progressé de 15% en 2009."
SOURCE : Alternatives Economiques